• Mon Lilas de Perse

    - Salut mon bel arbre, mais qui êtes vous donc ? Vos feuilles ressemblent à celles de l'acacia mais vos fleurs, ainsi que vos fruits sont étranges ?

    - Je suis un Melia Azedarache,

    - Qu'est ce que c'est que ce nom à coucher dehors ?

    - C'est pourtant ce que je fais ? Je vis, je dors, je bruisse dehors. Ne me demandez pas pourquoi je suis ici, manifestement ce pays a des collectionneurs d'arbres, j'arrive tout droit du sud de l’Himalaya. Vous connaissez ? Ma famille, celle des Méliacées regroupe des tas d'espèces (571 environs) plutôt tropicales

    - Oui, c'est en Inde, par là bas ? Vous êtes donc un arbre d'ailleurs fort lointain : Vous plaisez vous à Narbonne ?

    - Comme un petit poisson dans l'eau, si je puis dire. Votre climat méditerranéen me convient parfaitement, je résiste au gel mais en dessous de – 10°, vous risquez de me perdre. Vous pourriez me remplacer par des platanes, mais d'après ce que me raconte le vent, ça ne va pas très fort pour eux en ce moment. Alors que moi, je résiste pratiquement à tout. On ne connaît même pas les maladies qui pourraient m'attaquer !

    - Avez vous un nom commun, un nom facile que l'on puisse mémoriser ?

    - Oui. On m'appelle Lilas de Perse, et aussi Margousier, et Arbre à Chapelets parce que  mes fruits  - Oui, ils ont un trou dans leur centre, c'est pratique - servent à fabriquer des chapelets. (Salut les chrétiens! Qu'avez vous fait à Pâques ? )

    - Euh moi, j'attends la Trinité, mais parlons de vous : Pourquoi gardez vous ces fruits tout l'hiver, êtes vous toxique ?

    - Absolument ! Je suis toxique pour vous, mais je fais les délices des oiseaux, faut pas croire !

    - Quels sont vos pouvoirs ?

    - Ha, je n'ai pas ceux de mon cousin, qu'on appelle l'arbre pharmacie et qui est une panacée en Inde. J'ai donc échappé au brevetage rapace qu'à imposé un certain occident*.  J'ai des propriétés insecticides certaines, et je suis éminemment esthétique. Mes fleurs étoilées roses à mauve groupées en panicules, mes drupes de miel attirent le regard et étonnent le citadin...Ne suis je pas beau, ne suis je pas étonnant ?

     

    Mon Lilas de PerseMon Lilas de Perse

      

      

      

      

      

      

      

      

      

    Mon Lilas de Perse

     

    - En effet, vous avez l'air si exotique, si venu d'ailleurs, et le plus fou, c'est l'allure que vous avez l'hiver. Vous êtes très joli ! Et même spectaculaire ! Alors, peut on mettre des feuilles de vous dans la maison pour éloigner les insectes ?

    - Essayez toujours, vous me raconterez ? Il faut quand même que les insectes s'y posent, mais tentez !

    - Et bien merci pour cette passionnante conversation. Vous êtes pour nous une découverte de choix.

    - Oui oui, je suis un arbre des plus fascinants. Et voyez, ce que je fais de cette rue si banale. Mes congénères et moi lui conférons l'allure la plus charmante de tout le centre ville : parée de notre charme, de nos fleurs odorantes au printemps, de nos drupes qui sont nos fruits tout l'hiver, elle ne ressemble à aucune autre. Vous l'appelez, je crois, la rue de la Parerie. Avec raison, je dois le dire !

     

    Mon Lilas de PerseMon Lilas de Perse

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Mon Lilas de Perse

      

    Azedarache, mon Persan charmant

     

     

    *Dans les années 1990, environ 64 brevets sur le margousier ont été déposés, principalement à l'Office Européen des Brevets (OEB). Un certain Larson avait observé l'usage du margousier dans les champs et, après avoir fait le tour des universités, a fait une demande de brevet à l'OEB, qu'il a obtenu puis vendu à la société Grace, géant de l'agrochimie . (source : http://joelidevenir.solidairesdumonde.org/archive)  

    Non mais quel culot !

     source photos fleurs http://www.plantesdusud.com 

     

    Azedarache, mon Persan charmant

      

     

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  • Des tas de fleurs rosesDes tas de pétales

     

     

      

      

      

      

      

      

      

    Les premiers pétales qui apparaissent sont ceux de l'Amandier, (quand l'ametlièr es en flor la velhada passa sason".) et des plantes des champs qui fleurissent presque tout l'an dans notre région.

       

    Des tas de pétales

     

    Qui dit pétale dit sépale, qui dit tépale dit sépale et pétale. Qui dit carpelle dit femelle, qui dit étamine dit mâle, mais qui dit fleur à tout synthétisé en corolle. Soyons simples !

    Des tas de pétales

      

    Une joyeuse fantaisie détermine la forme des fleurs : pétales libres, ou soudés font des fleurs en grappe, ou en capitule, ou en ombelle, en couronne, en japonaise, en double ou semi double, ou en merveille...On est tout étonné tellement il y a de configurations différentes !

     

    Des tas de pétales

     

    Des tas de pétales

    Des tas de pétales

     

    Modèles réduits de planètes, d'étoiles, voire de galaxies, les fleurs nous rappellent que l'univers n'est qu'un et qu'ici, nous connaissons déjà ce qu'il y a là haut : Des pétales, des tas de pétales.(Alors Darwin, tu ne protestes pas ?)

       

    Des tas de pétales

    Des tas de pétales

     

    Et ce n'est pas tout. Le pétale ne se contente pas d'être beau, cela ne lui suffit pas : il faut qu'il embaume aussi et qu'il parcourt la gamme des couleurs. Toute la gamme. Le plaisir d'exister ne serait pas complet sinon. Le nôtre non plus. 

    Et pour finir, le résultat de tous ces pétales, qui forment la fleur, qui protège le fruit futur destiné, lui, à mesurer le temps et l' espace, en se faisant, comme ici, arbre.

     

    Des tas de fleurs roses

    Le vieil amandier d'Antony Duff, artiste.

    Photo impromptue de Carine Iriarte

     

    Des tas de pétales

    Source photos Arum, galaxies et dessin Cabu: Google images 

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  • Une matinée parfaite

      

     Départ à 9h30. Je vais aux champignons avec l'Elfe. Traversée de la ville ou les arbres frémissent si doucement qu'on dirait qu'ils miroitent dans le soleil. Arrivée à 9h45 dans la Clape. Les Pyrénées brillent de blancheur dans le lointain. La longue traversée du bois de Moujan commence. Il va falloir allier l'utile à l'agréable car il fait une de ces matinées tellement céleste que je n'ai qu'une envie en cette dernière journée de 2014 : me poser dans un rayon de soleil, me défaire de moi et recevoir le monde : la lumière qui scintille sous la pinède, le vent du nord, délicieusement froid, qui joue et se laisse boire à larges goulées, une des sensations les plus exquises que je connaisse. Je m'arrête de temps en temps pour me remplir le cœur et l'esprit de silence, un silence dense, parfait, je regarde attentivement et entrevois le monde premier, le jardin d'Eden caché dans ce bois ou les pins, certains à moitié morts, d'autres malades, grincent au vent. Une lumière nostalgique, celle du premier jour du monde, m'appelle. Tout a l'air si ancien et si nouveau en même temps, et si fugitif, c'est très étrange. Et mystérieux !

    Je reçois ces dons à toute vitesse, subrepticement, car l'Elfe est industrieux : pas de temps mort dans la quête du champignon.). Et bénédiction, le croirez vous ? la Clape est truffée de pieds de moutons. Tapis sous la mousse, à flancs de talus inaccessibles, planqués au fin fond des fourrés, nous les traquons en poussant des cris de joie. Invisible en descendant la pente, révélée en la remontant, profitant du contraste clarté - ombre, voici la tribu Dupont au grand complet : une trentaine de champignons s'en allant à la queue leu leu. On vous aura les champignons ! Couchés à même le sol, nous rampons pour mieux les atteindre. On a le nez plein de parfums, ceux des champignons, des pieds de  romarins qui fleurissent à côté, de la mousse et de la terre humide. De temps en temps, lors de la marche, des ronces nous immobilisent, bras et jambes sont brusquement liés ensemble : c'est un piège sournois de guerilleros et de piquants, une tentative d'échapper à nos couteaux, mais rien ne nous arrête, - d'ailleurs l'elfe arrive à la rescousse, tailladant les ronces - pas même les dégringolades involontaires qui nous mettent le nez dans... une nouvelle famille de champignons. Quel bonheur !

     Une matinée parfaiteUne matinée parfaite

      

      

      

      

      

      

      

      

    De temps en temps je me redresse, et regarde le sommet des pins qui brille au soleil. Tout est parfait, on se sent aussi grand que l'univers, on se transforme en brise, en craquements boisés... Vraiment, quoi de mieux que la contemplation ? Une poêlée de champignons peut être !

    On rentre, des brindilles et des aiguilles de pin plein les cheveux, le visage griffé, les mains qui saignent : qu'importe, nous sommes des explorateurs, des hobbits, des elfes, des créatures de la forêt. Il faut maintenant préparer tous ces petits champignons. Certains seront séchés, (ceux qui jaunissent et qu'on sauvé du pourrissement), d'autres mis en conserve (persil + ail + vinaigre doux + aromates au choix), d'autres encore congelés et les derniers, mangés sur le champ. Oui, nous avons aussi un estomac.

    Une matinée parfaiteUne matinée parfaite

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    les gourmands peuvent cliquer pour agrandir : régalez vous !


    Au menu ce jour : petites pommes de terre aux lardons, pied de moutons à la crème, filet de truite braisée.

    Et pour accompagner ce qui est mon premier déjeuner de 2015, (et poursuivre le rêve éveillé d'hier) un vin relativement doux, jeune, doré comme la lumière du jour. Il s'appelle la Clape, tout simplement. Quoi d'autre ?

     

     

    Une matinée parfaite

     

     

    Une matinée parfaite

     

     

     

     

     

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