• Le nombril de Vénus vient en tête de la grande saga des plantes des rues d'ici qui seront à l'honneur dans les menus plaisirs botaniques des prochaines semaines.

     

    Le nombril de Vénus

        Umbilicus rupestris

    C'est dans la rue Auber, sur les murs d'une maison abandonnée, que, dans un jaillissement d'élégance pure, l'on découvre cette petite merveille. Ses feuilles rondes attirent tout de suite le regard, évoquant la brusque irruption d' un morceau du jardin d'Eden en pleine ville.

    Pourvue de nombreux noms, preuve de sa grande notoriété - Ombilic des rochers, Gobelet, Coucoumèle, Oreille d'abbé, Cotylédon, Cotylet, Cymballion - notre petite plante a bien des pouvoirs : diurétique, cicatrisante et calmante, traitant les tumeurs, les callosités du talon, les ulcères et soulageant les malheureux victimes d' hémorroïdes. On comprend qu'elle puisse prendre de la hauteur et qu'elle ait choisi de pousser sur les vieux murs et murets. Loin du sol en somme.

    Le nombril de VénusLe nombril de Vénus

     

      

      

      

      

      

      

      

      Umbilicus rupestris en pleine floraison

    Le nombril de vénus, qui appartient à la famille des Crassulacées, est véritablement une succulente. Avec son petit goût de noisette, elle agrémente, entre autre, des salades. Voici une petite recette copiée sur le site « graines de vie »

    - Râper une carotte, détailler en fines lamelles une demi-gousse d'ail et l'ajouter à la salade de carottes râpées, ajouter le jus du demi citron et deux cuillères à soupe d'huile d'olive,

    - répartir dans les assiettes et ajouter le demi avocat en morceaux à la salade,

    - parsemer de fines lanières de nombril de vénus

    décorer de feuilles de nombril de vénus entières, de quelques olives et de graines germées de tournesol et d'alfalfa.

    Le nombril de Vénus



    Variante : les préparer comme une salade de pousses d'épinards avec de fines tranches de golden arrosée d'huile de pépins de courge. Un délice ! Nous vous laissons visualiser la recette par vous mêmes car l'appareil photo est en panne. 

     

    Le nombril de Vénus

     

    Source photos : recette sur graines de vie.net

           planche botanique : garrigue gourmande.fr

           pousses de nombril et golden : vous même

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  • Quoi ? Une cervelle de martien ?

      

    J'ai une drôle d'allure pour un fruit n'est ce pas ? Pour ceux qui ne me connaissent pas je suis une Orange d'Osage (du nom d'une tribu Indienne du Nouveau Monde). Je proviens de la région du Mississipi et résidant maintenant près du canal, je suis tout à fait à mon aise ici, merci. J'ai été introduite dans le coin vers 1832 par un botaniste de Montpellier, Alire Raffeneau, pour offrir une alternative culinaire aux vers à soie qui appréciaient autant mon feuillage que celui des mûriers, qui est d'ailleurs un membre de ma famille, celle des Moracées. Certains m'ont surnommée « cervelle de martien », ne me demandez pas pourquoi ! Mon titre d'orange par contre vient probablement du fait que la ville d'Orange a été ceinturée par mes ancêtres à l’initiative de son maire, le compte Adrien de Gasparin, agronome et botaniste éclairé.

    Pour exister, il me faut, à l'instar de tout être humain qui se respecte, un père et une mère. Le Maclura Pomifera (c'est le nom de mon espèce) est un arbre dioïque, seul il ne produit que des fruits stériles. Je ne suis pas comestible mais j'ai des qualités qui peuvent être très appréciées dans une maison : j'éloigne les mouches et mon odeur suave parfume agréablement les pièces. Sans compter mon aspect dont l'esthétique est inhabituelle. Essayez d'en tirer parti, vous serez étonnés ! Et si vous vous adonnez au tir à l'arc, sachez que mon bois permet la fabrication d'arcs les plus remarquables qui soient.

    — Vous vous plaisez bien ici alors ?

    — Ça va, à défaut du Mississippi, l'eau de ce canal douteux me convient

    — Eh bien madame l'orange verte , merci pour cette conférence

    — Oui oui, je sais, je suis une espèce dont l'histoire est passionnante....mais je ne suis comestible que spirituellement et olfactivement !

    Quoi ? Une cervelle de martien ?

     

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  • Déterrer le pied de mouton !

     

     

     

     

    La voix : alors Hydnum Repandum, vous êtes un végétal extrêmement banal, Répandu est votre nom. Mais... mais, mais vous n'êtes pas un pied de mouton ?

     

    La Pézize : Parfaitement. Je n'en suis pas. Déterrer le pied de mouton !

    Je suis une Pézize orangée. J'ai entendu parler de vos interviews et je ne comprends pas pourquoi vous parlez toujours de champignons banals, que tout le monde connaît, donc je suis venue avec le pied de mouton. J'existe moi aussi, moi aussi je suis comestible, moi aussi j'ai des pouvoirs ! Alors on prend rendez vous pour une conversation passionnante ou on la fait maintenant ? Poussez vous, vous la patte de mouton !

    La voix : Ce n'est pas très poli de votre part. Alors Hydnum ?

    Le pied de Mouton : Ah oui ? Et alors ? L'air aussi est banal, ça n'en atténue pas pour autant son excellence, n'est ce pas ? 

    La voix : C'est vrai. Pardonnez mon insolence. Je voulais insinuer que l'on pouvait vous trouver plutôt facilement ? Pas comme la truffe ou... la Pézize.

     Le PdM : Attention, il faut tout de même nous mériter. Nous nous tapissons sous la mousse, les aiguilles de pin ; quelquefois notre blancheur jaillit aux yeux du chercheur et d'autres fois il peut passer à coté de nous sans nous voir...Surtout s'il n'a aucun flair.

     Déterrer le pied de mouton !

    La voix : Avez vous des pouvoirs ?

     

    Le PdM : Eh bien voyez vous, pour un végétal extrêmement banal, comme vous dites, je suis un des rarissimes à receler de la vitamine D. Qu'est ce que vous dites de ça ?

    La voix : Euh...pas mal, poussez vous dans les mêmes lieux que la Pézize ?

    La pézize : Ça non, nous sommes des champignons des prés, notre beauté doit pouvoir éclater dans l’œil qui nous découvre. Nous n'allons pas nous cacher sous la mousse, nous. Admirez cette dentelle, cette teinte délicate...

    La voix : oui oui, vous êtes très jolie, mais on ne vous tient pas en grande estime n'est ce pas ? Vous ne jouissez pas d'une grande notoriété. J'ai entendu dire qu'on pouvait vous consommer sucrée, et avec de l'alcool en plus ! Qu'est ce que cette recette, hum, inhabituelle ?

    La pézize boude et ne répond pas.

    La voix : Hydnum, on nous conseille de gratter vos aiguilles, pourquoi ? Est ce toxique ?

    Le pied de Mouton : Je sens comme une pointe de désobligeance à notre égard ! Nos aiguilles ne sont pas toxiques. Mais comme vous êtes des êtres fragiles, c'est juste un conseil digestif. Écoutez, est ce qu'il ne faudrait pas revoir tout ça non ? Cette interview est parfaitement ridicule et mal organisée.

    La voix : J'y penserai. En tout cas merci pour cette conversation

    La pézize et le pied de mouton :  contrariés: oui oui, c'est ça, on ne vous souhaite pas bon appétit ! A voix basse : elle ne nous mérite pas !

    La voix : la prochaine fois j'interrogerai une bouse de vache sur le processus de biodégradation qu'elle subit. Je parie qu'elle sera plus intéressante que ces deux zouaves.. 

    La voix : Alors la bouse, qu'est ce qui vous est arrivé ? Vous ressemblez à un gâteau ! 

    Déterrer le pied de mouton !

    La bouse, mentalement : Je suis une bouse. Depuis quand les bouses parlent ? Et depuis quand les gens parlent aux bouses ? Il se passe vraiment n'importe quoi dans ce pré...La faute aux pézizes encore !

     

    Déterrer le pied de mouton !

     

     

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