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    In memoriam

     

    J'ai cherché partout des traces de ton existence, mais personne ne se souvient de toi. Je continuerai à chercher encore. T'ai je rêvé ? Pourtant tous t'ont admiré, consciemment ou non. Tu te tenais là, Créature majestueuse, magnifique ombrelle, près de cette passerelle de l'entre-deux-villes, depuis près de 40 ans peut être. Penché vers le canal douteux, ta ramure abondante, soyeuse nous réconciliait avec nous mêmes. Mais il y a 5 ans environ, des criminels t'ont détruit. Certes, tu avais été un peu malade un an auparavant. Mais tout était rentré dans l'ordre, et les jardiniers auraient pu t'accompagner de longues années encore. Mais un jour, ils ont choisi de te décapiter sauvagement. Puis débité vulgairement, sans attention, sans savoir faire, sans mémoire. Sais tu ce qui t'a remplacé ? Un banal massif, dont on change les plantes sans conviction et que l'on regarde à peine. Mais ne t'en fais pas, tu existeras toujours dans la mémoire de ceux qui t'ont vraiment vu. In memoriam, joli Saule Pleureur.

    In memoriam

     

     

      

     

    Source photos : panoramio.com via Google images

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  • Le nombril de Vénus vient en tête de la grande saga des plantes des rues d'ici qui seront à l'honneur dans les menus plaisirs botaniques des prochaines semaines.

     

    Le nombril de Vénus

        Umbilicus rupestris

    C'est dans la rue Auber, sur les murs d'une maison abandonnée, que, dans un jaillissement d'élégance pure, l'on découvre cette petite merveille. Ses feuilles rondes attirent tout de suite le regard, évoquant la brusque irruption d' un morceau du jardin d'Eden en pleine ville.

    Pourvue de nombreux noms, preuve de sa grande notoriété - Ombilic des rochers, Gobelet, Coucoumèle, Oreille d'abbé, Cotylédon, Cotylet, Cymballion - notre petite plante a bien des pouvoirs : diurétique, cicatrisante et calmante, traitant les tumeurs, les callosités du talon, les ulcères et soulageant les malheureux victimes d' hémorroïdes. On comprend qu'elle puisse prendre de la hauteur et qu'elle ait choisi de pousser sur les vieux murs et murets. Loin du sol en somme.

    Le nombril de VénusLe nombril de Vénus

     

      

      

      

      

      

      

      

      Umbilicus rupestris en pleine floraison

    Le nombril de vénus, qui appartient à la famille des Crassulacées, est véritablement une succulente. Avec son petit goût de noisette, elle agrémente, entre autre, des salades. Voici une petite recette copiée sur le site « graines de vie »

    - Râper une carotte, détailler en fines lamelles une demi-gousse d'ail et l'ajouter à la salade de carottes râpées, ajouter le jus du demi citron et deux cuillères à soupe d'huile d'olive,

    - répartir dans les assiettes et ajouter le demi avocat en morceaux à la salade,

    - parsemer de fines lanières de nombril de vénus

    décorer de feuilles de nombril de vénus entières, de quelques olives et de graines germées de tournesol et d'alfalfa.

    Le nombril de Vénus



    Variante : les préparer comme une salade de pousses d'épinards avec de fines tranches de golden arrosée d'huile de pépins de courge. Un délice ! Nous vous laissons visualiser la recette par vous mêmes car l'appareil photo est en panne. 

     

    Le nombril de Vénus

     

    Source photos : recette sur graines de vie.net

           planche botanique : garrigue gourmande.fr

           pousses de nombril et golden : vous même

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  • Quoi ? Une cervelle de martien ?

      

    J'ai une drôle d'allure pour un fruit n'est ce pas ? Pour ceux qui ne me connaissent pas je suis une Orange d'Osage (du nom d'une tribu Indienne du Nouveau Monde). Je proviens de la région du Mississipi et résidant maintenant près du canal, je suis tout à fait à mon aise ici, merci. J'ai été introduite dans le coin vers 1832 par un botaniste de Montpellier, Alire Raffeneau, pour offrir une alternative culinaire aux vers à soie qui appréciaient autant mon feuillage que celui des mûriers, qui est d'ailleurs un membre de ma famille, celle des Moracées. Certains m'ont surnommée « cervelle de martien », ne me demandez pas pourquoi ! Mon titre d'orange par contre vient probablement du fait que la ville d'Orange a été ceinturée par mes ancêtres à l’initiative de son maire, le compte Adrien de Gasparin, agronome et botaniste éclairé.

    Pour exister, il me faut, à l'instar de tout être humain qui se respecte, un père et une mère. Le Maclura Pomifera (c'est le nom de mon espèce) est un arbre dioïque, seul il ne produit que des fruits stériles. Je ne suis pas comestible mais j'ai des qualités qui peuvent être très appréciées dans une maison : j'éloigne les mouches et mon odeur suave parfume agréablement les pièces. Sans compter mon aspect dont l'esthétique est inhabituelle. Essayez d'en tirer parti, vous serez étonnés ! Et si vous vous adonnez au tir à l'arc, sachez que mon bois permet la fabrication d'arcs les plus remarquables qui soient.

    — Vous vous plaisez bien ici alors ?

    — Ça va, à défaut du Mississippi, l'eau de ce canal douteux me convient

    — Eh bien madame l'orange verte , merci pour cette conférence

    — Oui oui, je sais, je suis une espèce dont l'histoire est passionnante....mais je ne suis comestible que spirituellement et olfactivement !

    Quoi ? Une cervelle de martien ?

     

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