• Déterrer le pied de mouton !

     

     

     

     

    La voix : alors Hydnum Repandum, vous êtes un végétal extrêmement banal, Répandu est votre nom. Mais... mais, mais vous n'êtes pas un pied de mouton ?

     

    La Pézize : Parfaitement. Je n'en suis pas. Déterrer le pied de mouton !

    Je suis une Pézize orangée. J'ai entendu parler de vos interviews et je ne comprends pas pourquoi vous parlez toujours de champignons banals, que tout le monde connaît, donc je suis venue avec le pied de mouton. J'existe moi aussi, moi aussi je suis comestible, moi aussi j'ai des pouvoirs ! Alors on prend rendez vous pour une conversation passionnante ou on la fait maintenant ? Poussez vous, vous la patte de mouton !

    La voix : Ce n'est pas très poli de votre part. Alors Hydnum ?

    Le pied de Mouton : Ah oui ? Et alors ? L'air aussi est banal, ça n'en atténue pas pour autant son excellence, n'est ce pas ? 

    La voix : C'est vrai. Pardonnez mon insolence. Je voulais insinuer que l'on pouvait vous trouver plutôt facilement ? Pas comme la truffe ou... la Pézize.

     Le PdM : Attention, il faut tout de même nous mériter. Nous nous tapissons sous la mousse, les aiguilles de pin ; quelquefois notre blancheur jaillit aux yeux du chercheur et d'autres fois il peut passer à coté de nous sans nous voir...Surtout s'il n'a aucun flair.

     Déterrer le pied de mouton !

    La voix : Avez vous des pouvoirs ?

     

    Le PdM : Eh bien voyez vous, pour un végétal extrêmement banal, comme vous dites, je suis un des rarissimes à receler de la vitamine D. Qu'est ce que vous dites de ça ?

    La voix : Euh...pas mal, poussez vous dans les mêmes lieux que la Pézize ?

    La pézize : Ça non, nous sommes des champignons des prés, notre beauté doit pouvoir éclater dans l’œil qui nous découvre. Nous n'allons pas nous cacher sous la mousse, nous. Admirez cette dentelle, cette teinte délicate...

    La voix : oui oui, vous êtes très jolie, mais on ne vous tient pas en grande estime n'est ce pas ? Vous ne jouissez pas d'une grande notoriété. J'ai entendu dire qu'on pouvait vous consommer sucrée, et avec de l'alcool en plus ! Qu'est ce que cette recette, hum, inhabituelle ?

    La pézize boude et ne répond pas.

    La voix : Hydnum, on nous conseille de gratter vos aiguilles, pourquoi ? Est ce toxique ?

    Le pied de Mouton : Je sens comme une pointe de désobligeance à notre égard ! Nos aiguilles ne sont pas toxiques. Mais comme vous êtes des êtres fragiles, c'est juste un conseil digestif. Écoutez, est ce qu'il ne faudrait pas revoir tout ça non ? Cette interview est parfaitement ridicule et mal organisée.

    La voix : J'y penserai. En tout cas merci pour cette conversation

    La pézize et le pied de mouton :  contrariés: oui oui, c'est ça, on ne vous souhaite pas bon appétit ! A voix basse : elle ne nous mérite pas !

    La voix : la prochaine fois j'interrogerai une bouse de vache sur le processus de biodégradation qu'elle subit. Je parie qu'elle sera plus intéressante que ces deux zouaves.. 

    La voix : Alors la bouse, qu'est ce qui vous est arrivé ? Vous ressemblez à un gâteau ! 

    Déterrer le pied de mouton !

    La bouse, mentalement : Je suis une bouse. Depuis quand les bouses parlent ? Et depuis quand les gens parlent aux bouses ? Il se passe vraiment n'importe quoi dans ce pré...La faute aux pézizes encore !

     

    Déterrer le pied de mouton !

     

     

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  • — Brassica Olerecea gongylodes, qui êtes vous ? On ne vous connaît pas beaucoup !

    Je suis un chou, un chou rave. Je suis plutôt mignon hein ? Surtout ne me parlez pas du Romanesco, ce bellâtre fractal. Je suis souvent supplanté par mes cousins, plus communs, de la famille des Brassicacea. Moi, je suis un vert d'une très ancienne lignée. Remarquez comme je suis beau, rond ; je me tiens au dessus de la terre, tubercule aérien, soutenu par les tiges adéquates. Il n'est même pas besoin de me laver....

    — Vous n'êtes donc pas un de ces cultivars élevés en laboratoire ?

    Rave partie

    — Comment ? Un de ces produits cultivés pour le plaisir, l'expérience, le tripatouillage ? Cela est bon pour les roses ! Nous existons depuis fort longtemps, je vous prie ! Les anciens ont parlé de nous dans leurs traités savants et il se pourrait que nous les choux, nous soyons tous apparus en même temps.

    — Ou vous trouve t'on ?

    — Ah ! Nous ne venons toujours pas du Chili en tout cas, ni d'Argentine, nous vivons dans la région même, le bassin méditerranéen est notre berceau. Les romains nous appréciaient fort....Le chou Pompéi, c'est moi. Bien sûr on nous trouve jusqu'en orient car nous avons toujours su nous adapter à notre environnement

    Avez vous des pouvoirs ?

    Et comment ! Sans vouloir être irrespectueux je suis un excellent antiseptique des voies urinaires, un combattant des dermites, furoncles, un ami de votre intestin et de vos yeux. Et si vous avez eu une soirée trop arrosée, je suis là pour calmer le jeu, à l'intérieur de vous ! Bon, faut aimer le chou quand même...

    — Et bien jeune homme, merci pour ce moment fort agréable...

    — Oui oui, bon appétit ! Que ce soit mes feuilles (préparées comme les épinards) ou moi même, c'est le moment de m'accommoder. Cru ou cuit, je suis toujours parfait !

     

     

     

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    2 commentaires
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    Un seigneur dans la ville

     « Je suis le faux mélèze, le veuf qui console, le verdoyant ambassadeur du pays ou le soleil ne se couche jamais »....un étranger certes, mais je m’accommode fort bien de cette terre du sud. J'apporte un peu de la beauté de l'orient lointain par ici. De la tribu Metasequoiacea, Famille des taxodiacées, je l'avoue, je suis un vrai seigneur.

    Ne vous sentez vous pas un peu seul, au bord de ce canal douteux ?

    Non, pourquoi ? Je suis un monoïque et vous savez, unique pour unique dans mon genre (Metasequoia glyptostroboïdes), je ne peux que me contenter de mon sort. Rescapé d'une époque fort lointaine, que dis-je, fossile vivant, du Tertiaire peut être), j'appartiens à une espèce qui dans son environnement naturel est en voie de disparition. Dieu merci, les hommes sont plutôt doués et facilitent la reproduction et l'existence de mes congénères. C'est une chance pour vous d'ailleurs car je suis magnifique. Bon, je perds mes feuilles, avec splendeur notez, durant l'automne car je suis un caduc, mais attendez le printemps pour redécouvrir mes fines feuilles d'un vert brillant, et mes petites pommes, mes cônes enfin, qui sont de véritables modèles géométriques. Oui, elles connaissent l'angle droit. Je vous expliquerai le coup plus tard1 .

    Avez vous des pouvoirs ?

     Oui, évidemment ! Antifongique, anti termite, anti bactérien, je pourrais bien vous être utile. Et je ne vous parle pas des autres vertus sur lesquelles se penchent encore vos scientifiques : ils n'ont pas fini d'en découvrir sur moi !

    — Eh bien merci Votre Grâce, pour ce moment fort agréable....

    Oui oui, pas de chance pour vous, je ne suis comestible que spirituellement !

     

    Un seigneur dans la ville

     1  Les cônes globuleux ont 2 à 3 cm de diamètre avec 16 à 30 écailles disposées en paires opposées sur quatre rangs, chaque paire étant à angle droit par rapport à la paire adjacente.

    source photo cônes : canadaplant.org

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