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    Alexandra, Ludivine, les garçons...

    Jouer, courir, sauter, se jeter dans le vide. L'espace urbain est LE terrain de jeu ; Le mobilier urbain, support de performances. Il n'y a plus seulement le skate, le roller ou le vélo dans la ville. Discipline née dans les années 90 mais peu suivie par le grand public, la* Free Running, (que je traduirai par course libre) à ne pas confondre avec le Parkour auquel elle ressemble furieusement, est pratiqué avec ardeur dans notre ville.

    Alexandra, Ludivine, les garçons...

     

    Le but de la course est de se déplacer le plus vite possible d’un point à un autre, en mettant à profit maximum, intelligence tactique et musculaire, mental sain, esprit d'équipe et sens de la beauté.  Et si elle donne lieu à des rassemblements en France, la compétition n'en est pas la finalité. Pas encore du moins.

     

    Jeunes, sympathiques, jouissant d'une belle énergie, Alexandra, Ludivine et les autres  forment la TentaTeam de Narbonne. Une équipe d'amis qui s'entrainent ensemble et s'épaulent les uns les autres dans leur jeu. Alexandra insiste sur le fait que s'entraîner en équipe permet aux autres de vous jauger et de vous inciter à connaître vos exactes limites, ce qui est une garantie de sécurité. Les autres connaissent nos capacités et évaluent nos particularités, d’où l’esprit d’équipe qui est vital, que ce soit sur le terrain et pour le montage de vidéos.

    Vidéos super belles, pour lesquels ils sont aussi très doués; des vidéos qui subliment totalement la ville où ils s’ébattent, la transfigurant en s’y mouvant vivants, intensément vivants.

     

    Alexandra 

      

    Les jeunes filles pratiquent aussi le Free Running, et si ici et là, elles préfèrent  s'entraîner entre elles, Ludivine et Alexandra misent plutôt sur la mixité, plus stimulante.

    C'est une façon de vivre sa ville, spectaculaire et esthétique, permettant au free runner de se déplacer, se mouvoir avec grâce, en des mouvements fluides, très beaux. Cette exigence d'esthétique augmente la technicité du parcours quasi digne des J.O - staltos arrière, pirouettes, vrilles, cork, etc...- et laisse le spectateur complètement médusé !

       

     La TentaTeam

      

    Un mental d'acier : On ne peut qu’admirer la beauté des corps qui se lancent et la force du mental qui les dirige même si, comme le souligne Eddy, la peur est tout le temps là. Mais c’est l’aiguillon qui aiguise l’attention, on est intensément attentif à chaque mouvement, chaque figure.

    Griserie de l’esprit en action,  permettant concentration,  une grande maîtrise de soi et une attention totale aux figures entreprises.  

    On apprend surtout sur le terrain expliquent ces sportifs, et on a pas besoin de matériel spécial : juste une bonne paire de baskets, des muscles et de l’imagination. Et beaucoup, beaucoup d'entraînement. 

      

    Une liberté totale : un sport qui se pratique partout, un équipement peu coûteux, le free running paraît idéal pour les jeunes. Ce sport c’est aussi la liberté, tant que l’on ne dégrade rien, on fait très très attention. En plus c'est une activité qui ne nous coûte rien, juste une bonne paire de basket comme les Ollo, mais n'importe quelle marque fait l'affaire.

     

    Mais de la ténacité : On s’entraîne très peu en salle, il vaut mieux être dehors, car la salle c’est une autre discipline, mais c’est utile pour le stalto, par exemple. On s’entraîne dans les bois, sur les plages, mais c’est surtout urbain . C’est plus sympa que les soirées, on est donc ni buveur ni fumeur à part 2 ou 3 parce qu'il est important d’être en bonne condition physique. On a toute la ville pour nous et la possibilité de faire beaucoup d'entraînement. Certains mouvements ou figures font partie de la formation des pompiers, c'est quand même très pointu !

     

    Alexandra, Ludivine, les garçons... 

     

    Le regard des autres : La police les a à l’œil "ils nous prennent pour des voyous alors qu’ils sont venus nous féliciter et nous demander des autographes après que nous soyons passés dans un reportage télé". Mais le temps passant, ils sont suspects d’abîmer les arbres (et les jardiniers hein ? ) ou le mobilier urbain (et les skateurs hein ?), d'être vus comme des trublions.  On essaie d'avoir de bons rapports avec la municipale, et comme on fait quelque chose de difficile, donc, les gens sont plutôt admiratifs ou étonnés.

     

     

    Eddy

     

    Vertigineux, épatant, fabuleux, les adjectifs manquent pour décrire leurs acrobaties et leur maîtrise de l’espace. C'est la jeunesse d'aujourd'hui, une partie en tout cas :  jeunesse saine, pourvue d’un bel esprit, du sens du collectif, de l’amitié et du physique. C'est trop beau !

     Quel dommage qu'on ait passé 30 ans !

     

    Alexandra, Ludivine, les garçons... Alexandra, Ludivine, les garçons... Alexandra, Ludivine, les garçons...

     

    Alexandra, Ludivine, les garçons...
    Alexandra, Ludivine, les garçons... Alexandra, Ludivine, les garçons...

      

    Alexandra, Ludivine, les garçons... Alexandra, Ludivine, les garçons... Alexandra, Ludivine, les garçons...

     

    * féminisé pour les besoins du texte. On dit le free running, ne me demandez pas pourquoi... 

     

      

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  •  Un rond point - étude de cas

     

    De loin, et de profil, on croirait une vieille pantoufle, ou une pâte à tarte qui n'aurait levée que d'un côté : c'est le carrefour de l'Europe, autre entité également mal levée .

    Fait de petits pavés roses et blancs, telle une toile de vichy fanée, orné d'une étoile, à 6 pointes et  rayons torsadés, l'édicule, construit dans les années 2000, détermine le mode de circulation des  automobilistes, permet l'économie de feux de circulation, transforme le flux automobile en un gracieux ballet à petite vitesse, pousse à l'attention. 

     

    Un rond point - étude de cas 

     Banal, habituel direz vous ! Pourquoi s'intéresser à un rond point ? Mais pourquoi pas ? Le piéton ordinaire est en droit de se demander si ses impôts - quand il en paie -sont judicieusement employés. Cet objet lui appartient. Il doit lui servir, au contraire de ce mobilier urbain qui reste souvent  inaccessible au plus grand nombre, comme  les statues de personnages, les sculptures géantes. Comment jouir par exemple, des Chevaliers Cathares ? Quoi que cette question évoque une possibilité. A suivre...

      Un rond point - étude de cas

    carrefour giratoire ou rond point ? Aucune importance. 

     S'approprier l'espace public dans ses lieux les plus apparemment  hostiles devient nécessaire. Il n'est pas toujours possible, raisons économiques obligent, de partir à la campagne, de louer un chalet ou un yatch le week end. Beaucoup sont cantonnés à la ville, où ils doivent trouver leurs plaisirs et distractions, et créer un peu de beauté là où il y en a peu.  

    Le piéton peut-il s'approprier un carrefour giratoire ? Mais oui, il lui suffit de  faire de ce lieu, un point de rendez vous, de s'y intaller, de l'utiliser ! Le rond point de l'Europe permet l'évasion en offrant un point de vue intéressant sur le collège Victor Hugo, construit dans les années 1880 en pierres de Beaucaire,  le Temple Protestant fondé en 1903 en pierres de béton, véritable curiosité architecturale, la maison de l'enfance sise dans une belle demeure de maître, en toute tranquillité et sécurité.

    Un rond point - étude de cas

     Un rond point - étude de cas 

    Un rond point - étude de cas

    Un rond point - étude de cas

     Un rond point - étude de cas

    Un rond point - étude de cas

     Petit déjeuner à l'Européenne, dans un cadre idyllique et historique

    On peut aussi s'y asseoir le soir, muni de petites chaufferettes, de fausse fourrures et de lumignons colorés pour y causer urbanisme, philosophie, circulation. Au centre de l'étoile circulent des énergies cosmo telluriques très stimulantes pour l'esprit et le coeur. Le rond point est en effet situé sur une partie de l'ancien Forum Antique, lieu Romain de discussions et de décisions et cette influence s'y fait encore sentir. Vous pouvez vérifier !

      

    Un rond point - étude de cas

    Autour du rond point de l'Europe, comme en l'Europe elle même, on tourne tourne mais on peut s'y amuser ! Il suffit d'oser...

     

    source image :  Wikipédia - sources infos :   Histoire du collège Victor Hugo

     

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    Des lieux en attente...

     

    Le temps s'est figé derrière et autour de ces façades, maître des lieux,  scellant portes et fenêtres, emprisonnant un réel disparu et créant dans la ville des espaces brièvement déserts. On longe une maison pleine de vie et quelques centimètres plus loin, c'est le Vide. L'abandon. Une sorte de néant fait d'écho lointain que l'on reçoit avec un petit coup au cœur. Étrange silence ! Ni patrimoine, ni rareté, (ces bâtiments n'ont pas 1000 ans), les lieux abandonnés provoquent, dans la ville, un état vibratoire d'une grande étrangeté. La force de l'inanimé se fait sentir quand on passe devant ces endroits : Une histoire ancienne, inconnue parfois, s'agite mollement en se désagrégeant au fil du temps, et l'imagination fait le reste.

     Des lieux en attente...

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Des lieux en attente...

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     Des lieux en attente...

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     rue Jacquard (sauf erreur)

     

     Des lieux en attente...

     

    Un vide qui fait partie du tissu urbain. Il n'est pas tant une respiration qu'une attente. Désert qu'espace plein.

    Retrouver le temps ?  L'odeur du pain devant une boulangerie désaffectée depuis près de 80 ans ? Réentendre les cris, les rires dans ce café où l'écho de fêtes passées dans cette magnifique demeure. Mais comment ? Il faudrait pouvoir y entrer.

     

    Des lieux en attente...

    Plus de pain ici, de la poussière et de l'oubli

    Des lieux en attente...

     Rue Cabirol

    Des lieux en attente...

     Hôtel rue Kléber

    Des lieux en attente...

    Maison quai de Lorraine Photo M.M

    Or, ces endroits abandonnés demeurent souvent inexplorables ;   ils voient défiler les gens mais peu y pénètrent, hormis désespérés et squatteurs. Et explorateurs bien sûr.

    Car ils sont toujours propriétés privées, abandonnées mais surveillés, protégées, et tant qu'ils ne tombent pas en poussière, constitue encore inébranlablement  la ville. La ville, abandonnée. Fermée. Poussiéreuse. Le temps défait l'histoire mais le contenant, le lieu demeure. En attente.  Qu'ils soient sites industriels ou viticoles, commerces ou maisons particulières, il se dégage quelque chose d'envoûtant dans cet arrêt, cette immobilité, cette vie figée.

     

    Des lieux en attente...Des lieux en attente... 

     

     

     

     

     

     

     

    Le Stewball, lieu douteux 

    Des lieux en attente...

    Boulangerie abandonnée suite à la fermeture du pont de Carcassonne

    Des lieux en attente...

    Aperçu du Couvent des Cordeliers

     Les esprits naïfs se disent : tous ces espaces vides, il y a des mal logés. Mais ces façades cachent des luttes fratricides, des disparitions totales de dynasties, des ruines  et des déchéances, et même des choix municipaux qui ne seront jamais validés par manque d'argent, d'idées ou d'opportunités. L'histoire d'une ville en somme.

    Ainsi va l'urbanisme, entre constructions effrénées, abandon de bâtiments, curiosité du passant. Les urbexologues auraient beaucoup à en dire...

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