• Une heure avec Michel Sourgnes

     Une heure avec Michel Sourgnes

     

     

     

     

     

     

     "Verset" de l'histoire des Soeurs Wajilag  - Rita Gatjimawuy née en 1968

    Michel Sourgnes nous a fait l'honneur de nous accorder un entretien et de nous parler un peu de lui. Nous l'avons rencontré avec un très grand plaisir. Titulaire d'une agrégation d'histoire ancienne, du moyen âge et contemporaine, d'un certificat de géologie, conservateur 10 ans durant au musée d'Art de Brisbane (Australie) puis galeriste par goût de la liberté, et amour pour l'art Aborigène, il a un Curriculum Vitae, (déroulement de vie) passionnant. Michel Sourgnes est un homme d'une grande érudition, dont l'esprit nourri de culture classique s'orne d'humour et de simplicité. Il nous arrive d'Australie et nous offre un voyage dans un autre monde, au travers d'une magnifique exposition, Genèse, l'Art des Premiers Australiens, dont il est aussi le commissaire. Pourquoi, pour qui ? 

    Près de 50 œuvres sur toile, bois ou écorce, dont des objets, la collection présentée est monumentale. Pourquoi nous avoir proposé cette exposition, quel en est son sens et que vouliez vous partager avec nous ?

    Narbonne est ma terre ancestrale, ma terre traditionnelle. Le premier Sourgnes, qui est un nom Celto – Ibère a été déclaré en 1726. C'était un forain qui venait des Corbières. Il me paraissait donc digne, vital, de proposer cette exposition, qui s'appelle Genèse, origine en quelque sorte, sur mon lieu d'origine. Et je tenais absolument qu'elle sUne heure avec Michel Sourgnese tienne dans la salle des Consuls où l'on voit encore le mur romain, vestige le plus lointain que nous ayons à Narbonne aujourd'hui, et qui date du 4ème siècle. Les aborigènes m'ont reçu sur leurs terres les plus anciennes, et je voulais faire de même pour eux. J'ai voulu mêler, en une comparaison osée,  une histoire relativement jeune de Narbonne avec une histoire beaucoup, beaucoup plus ancienne, celle de la présence aborigène en Australie.

    Une heure avec Michel Sourgnes

    Mur d'enceinte salle des Consuls (côté rue Jean Jaurès) - antiquité tardive - détail

    Pour ce qui est du choix des œuvres, comme je l'explique dans le catalogue de l'exposition, j'ai voulu privilégier "l'authenticité culturelle de l’œuvre, sa concordance avec les codes propres à l'auteur et ses droits à représenter son narratif visuel". En me basant sur cette vieille notion d'icône (16è siècle) qui différenciait le grand art, qui devait élever l'esprit, du cabinet de curiosité (plus tardif) , qui faisait découvrir ce que la science ignorait encore, j'ai aussi bénéficié et mis à profit les indications des auteurs. 

    Est ce 1'art qui maintient la vie spirituelle des aborigènes ?

    L'art contemporain, l'abstrait entre autre, peut s'apparenter à une recherche d'une certaine élévation de l'esprit, plus ou moins réussie. Les aborigènes eux, ont une connaissance spirituelle pour laquelle ils cherchent des signes pour la communiquer aux autres. D 'un côté il y a (ou il y a eu) une recherche de la vérité, de l'autre, un désir de transmission d'une vérité connue et possédée. La vie spirituelle veut être transmise et se fait par le biais de ce que nous, occidentaux, nommons art.

    Ont ils vraiment cette vérité en eux et qu'elle est-elle ? Leur vie spirituelle est-elle réellement si différente de la nôtre, si nous en avons une ?

    Rires...

    Elle l'est. Il faut distinguer les clans urbains de ceux vivant sur leurs terres . Il nous est difficile de connaître la sémiotique des signes aborigènes, cependant chez eux l'esprit, la connaissance dicte l’œuvre. "Leur relation fusionnelle  avec leur terre permet la création de ces narratifs visuels exposés ici. Ils évoquent leur Genèse, leur histoire multi millénaire et continue depuis près de 60 000 ans", "leur Loi et le monde spirituel qui leur a permis de traverser les âges".

    Cela reste donc inatteignable ?

    Cela reste raisonnablement hermétique. "Vous en sauriez davantage, dit l'un deux, si on vous expliquait notre œuvre, mais vous n'y participeriez pas". Je compare cela un peu au boudhisme, fait d'observation et de contemplation. D' une pratique de la contemplation. Mais il y a cette notion d'élever l'esprit, et même si, en regardant une œuvre aborigène,  on n'en lit pas le détail, on y voit une énergie qui demande une observation attentive, presque un état de méditation, ou de réceptivité. L’œuvre d'art réussie, selon moi, mène du tangible à l'intangible. Cela ramène à l'importance du rôle de l'art, raison pour laquelle le mot Art n'existe pas dans le langage et la conception aborigène, qui considère plutôt qu'il y des signes signifiants ou qui ont de l'importance.

    L'art d'aujourd'hui paraît bien loin de tout cela non ?

    Aujourd'hui, on a surtout redécouvert le cabinet de curiosités. On voit beaucoup d’œuvres qui sont là pour choquer. On se répète bien sûr , la réalité passée resurgit, mais elle a juste changé de nom. Aujourd'hui on dit art moderne, contemporain...

    Les œuvres exposées sont donc toutes contemporaines. Cette contemporanéité est elle une expression nouvelle, ou la copie de choses anciennes ?

    Oui, cette exposition regroupe des œuvres pour la plupart réalisées après 1995. Mais leur thème relève toujours d'une narration que seul l'artiste peut lire.  Il y a une sorte d'adaptation, car traditionnellement la peinture ne fait pas partie de leur transmission, ce sont les danses et chansons cérémonielles. La connaissance se fait par l'observation, non par la transmission orale. Tous les artistes exposés ici sont des tribaux, de l'Arnhem Land du désert central et de l'Australie occidentale car je voulais l'authenticité absolue. 

    La jeunesse aborigène a t'elle encore cet état d'esprit, d'observation ?

    C'est ce qui leur a permis de survivre à la colonisation anglaise ! Cette culture, qui n'a rien à voir avec la couleur de la peau, est une culture pure, qui d'ailleurs a même permis l'existence d'aborigènes blancs. Il y 200 ans environ, des blancs ont été initiés à cette culture et été considérés comme aborigènes par les natifs eux mêmes. Cette culture est la base de leur notion d'être. Bien sûr, Les Aborigènes urbains se servent de cette spiritualité culturelle pour leur cause politique. Ils ont le cul entre 2 chaises, assimilation et résistance.

    Quelle sont les matériaux utilisés pour ces tableaux ?

    C'est de la peinture acrylique pour bâtiments, plus accessible financièrement que l'encre, et aussi des ocres, qui sont partout, ocre naturelle blanche, rouge et jaune, sur écorce, sur bois. Elle se présente sous forme de poudres On la récupère dans des couches géologiques sous forme de poudre. La poudre est mélangée à de l'eau et  de la colle à bois pour obtenir la consistance voulue. Le charbon de bois sert pour le noir, et là où il n'y en a pas, comme dans l’Australie occidentale et le désert, ils utilisent le noir animal (os d'animaux calcinés). Je me rappelle qu'on s'en servait ici pour badigeonner les poêles pour leur donner un meilleur aspect.

    Certains pensent qu'un telle exposition s'apparente au soutien d'un artisanat local pour touristes, ou à du pillage de patrimoine  : que leur répondez vous ?

    Je vais vous donner la réponse de Dave Ross, (nom anglais d'un peintre aborigène) qui voulaient que ses fils reçoivent son savoir : nous voulons montrer au monde que nous avions une culture et que nous étions civilisés. Aujourd'hui, ils veulent que le maximum de gens sachent qui ils sont.

    Voilà pour le pillage culturel, et voilà pourquoi je voulais les montrer sur mon propre lieu ancestral.

    Pourquoi veulent ils qu'on les connaissent ?

    Parce que jusque là, les anglais les ont empêché de s'exprimer, en faisant du mot "aborigène", - et donc de celui qui le portait -  un moyen élégant de dire «arriéré». Dès le départ un jugement – faussé - était porté. Aborigène signifie ab-originès, vers les origines, des origines. Il faut se rappeler que si le premier à avoir livré au monde l'art aborigène fut Karel Kupka, en 1962, avec son ouvrage l'art à l'état brut, préfacé par André Breton, cet "art" est resté méconnu longtemps encore. D'ailleurs les Aborigènes de l'Armhem land* se souviennent encore de lui, ils l'appellent l'aborigène blanc.

    Ils vivent aussi dans un environnement très difficile, un environnement soumis à  l'avidité commerciale. Ainsi, l'exploitation minière (fer, uranium, charbon) détruit beaucoup de signes gravés sur les rochers, et de leurs territoires ancestraux, il y a donc une grande importance de transmettre un savoir, aux descendants du Clan, mais aussi au monde.

    Vous êtes donc une sorte de passeur entre ces artistes et nous ?

    Passeur, non,  pas vraiment ! J'ai le besoin de montrer mon respect et mon estime pour les aborigènes en montrant ce qu'ils sont. Ce sont des gens remarquables que j'ai beaucoup connu. Ils possèdent depuis toujours un système de séparation des pouvoirs et une Loi qui les guident.

    Comme en France ?

    Comme en France, oui. On n'a rien inventé. Ce qui permet de contrôler l'action de l'un et de l'autre pour ne pas nuire au groupe. Il y a un équilibre à maintenir entre le monde réel et le spirituel qui leur a enseigné comment vivre sur cette terre.

    Dave Ross, c'est bien un aborigène ?

    Oui. C'est un nom d'adoption bien sûr ! Il n'y a pas de nom patronymique chez eux, mais un nom de clan, ce qui est très troublant pour les anglo saxons. Il y a plus de 300 langues, autant de groupes linguistiques et seul le Clan détermine leur identité.

    Les aborigènes sont ils des extraterrestres ?

    Non, mais je suis intrigué, alors je ne suis pas anthropologue, mais les aborigènes, s'ils sont noirs de peau ne sont pas négroïdes. On trouve d'ailleurs aussi des gens noirs de peau au Laos et dans le sud de l'Inde. Non, ce sont bien des Terriens.

    Ils paraissent si mystérieux dans leur origine, leurs savoirs , on nous a parlé du temps du rêve originel...

    Ils ne sont pas mystérieux quand on les connaît. Et je m'insurge vigoureusement contre cette ridicule notion de rêve. Dreamtime est un terme forgé par un anthropologue anglais  dans les années 30, ne voulant pas utiliser le terme "Mythologie" ( se référant aux grecs), ni "Genèse" (se référant à la bible) pour les aborigènes. Dreamtime baby, c'est ce qu'on dit aux petits quand on les met au lit. C'est d'ailleurs pour cela que j'ai baptisé cette exposition GENÈSE, ce qui est une façon de faire la nique à la vision anglo saxonne !

    Nous sommes donc tous induits en erreur par ce terme ?

    Oui, exactement C'est pour cela que je parle d'Histoire, mais pas de rêve, sauf quand je parle anglais. Ce n'est pas un rêve. Les découvertes de la dernière décennie infirme cette notion de rêve, notamment par la découverte des ossements d'un animal dessiné par les aborigènes, et qu'on a cru longtemps imaginaire. De même que les grands Pythons dont on découvre qu'ils mesuraient plus de 10 mètres. Les aborigènes ont une structure civilisationnelle pour vivre sur cette terre, et se réfèrent à des notions datant d'au moins -50 000 ans avant notre ère. Une culture ininterrompue depuis 50 à 60 000 ans, c'est assez extraordinaire !

    On a l'impression par moments, d'être dans une histoire de science fantasy, dans une de ces cosmogonies imaginées par des auteurs de sagas 

    Franchement, par moments, j'ai eu l'impression d'être l'exemple parfait de ces européens qui étaient des ignares. (Rires...) Il n'est pas toujours évident de comprendre ce que l'on voit. Par exemple, il y a ce tableau de la roussette, dans lequel je pensais que des petites fleurs étaient dessinées. Je pose donc la question à la tante du peintre qui se met à rire, mais à rire sans pouvoir s'arrêter. Reprenant enfin son souffle, elle me dit : des fleurs ? Mais ce ne sont pas des fleurs, ce sont des crottes de Roussette !

    Une heure avec Michel Sourgnes

    Histoire de la Roussette - Détail - Johnny Pascoe, né en 1970

    Pourquoi ces illusions de mouvement, de vagues, ces illusions d'optiques dans certains tableaux ? Ont elles un sens ?

    Quand nous regardons une peinture, nous disons qu'elle est réussie. Ou pas. Pour eux, une peinture est dictée par les mots, par une narration. Et cette action narrative, rend l'histoire vivante dans la toile. Quand ils disent «  the painting got the spirit », là, on sait que  l’œuvre est très réussie car l'artiste a réussi à faire venir l'esprit dans la toile, esprit incarné par le peintre. Ce résultat est très important pour eux, c'est l'équivalent d'une œuvre très très réussie. Ce n'est pas vraiment un jeu d'optique ; il y a eu tant de concentration du peintre lors de son récit visuel qu'il a rendu la toile vivante.

    Mais est ce qu'un artiste occidental ne peut pas en faire autant ?

    C'est arrivé , dans le représentationnel. Aujourd'hui, je pourrais citer peut être une œuvre abstraite de Picasso, Guernica. Et aussi un de ses amis, Julio Gonzalez , sculpteur abstrait, créateur de la sculpture moderne, qui utilisait l'espace comme un matériau nouveau. Cela reste de la représentation, certes, mais il y a là quelque chose : une sorte de transfert d'un certain esprit dans la matière. 

    Bien sûr, la peinture dite « grand genre », comme chez Pierre Subleyras dans sa "charité romaine" (exposé au musée d'art et d'histoire de narbonne, 2ème salle) a eu aussi pour fonction de  transmettre une sorte de savoir vivre moral. Ici, 3 vertus romaines sont mises en exergue :  la charité, l'humilité et la piété (le devoir) C'est un tableau didactique, d'une sainteté laïque, bien que qu'il soit avant tout moral et politique.

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    Guernica -Pablo  Picasso                                                                       "La charité romaine"-   Pierre Subleyras

    Savez vous comment a été accueillie votre exposition à Narbonne ?

    Oh la la ! Je ne m'attendais pas à un tel retour et je suis très agréablement surpris. A titre de comparaison, j'ai organisé la première exposition d'art contemporain japonais à Brisbane en 1988.  Sur 850 000 habitants, 45 000 visiteurs sont venus voir cette expo. Soit 5,2% de la population.

    Narbonne c'est 52 000 habitants ; en comptant grosso modo 40% d'entrées payante et 60% gratuites, il y a eu un peu moins de 9000 visiteurs soit près de 17% au 30 septembre. Concernant la population du Grand Narbonne, je dirais que sur 112 000 habitants, 5,6% sont venus, quoique je n'en sois pas certain. C''est absolument énorme pour moi, d'autant qu'il n'y a pas eu de couverture de l'évènement, à part un petit article du midi libre et la communication de la ville.

    Cela prouve donc qu'à Narbonne, on s'intéresse à la culture ?

    Oui ! A ma grande surprise, car lorsque j'étais plus jeune, par ici, quand on s’intéressait à la culture on était soupçonné d'homosexualité. Cela m'a vraiment surpris, d'autant quUne heure avec Michel Sourgnese j'avais proposé cette expo à la municipalité précédente qui ne s'y était absolument pas intéressée. Cette fois ci, j'ai eu de la chance, la municipalité était intéressée, ce dont je la remercie, ainsi que l'équipe de la direction Culture et Patrimoine, une équipe très professionnelle, qui a tout de suite vu le potentiel de cette exposition et su la mettre en valeur. Je ne suis pas facilement impressionnable mais là, oui, j'ai été bluffé par leur travail.

    Heureux d'être rentré au pays natal ?

    Bonne question. Je ne le sais pas vraiment mais je suis satisfait d'être là. Je ne connais plus grand monde, et beaucoup d'amis sont disparus.Mais je suis là...

    Qu'est ce qui vous avait amené en Australie ?

    Je ne trouvais pas d'emploi ici, pas assez vite à mon goût. En 6 mois j'ai pu travailler en Australie, sur des postes qui n'étaient pas toujours confortables puisque j'étais étranger. Je me suis occupé de sculpture, puis d'art contemporain. Ma rencontre avec l’œuvre Aborigène a décidé de mon choix de quitter les musées et l'institutionnel pour ouvrir ma propre galerie.

     

    Avez vous eu des coups de cœur artistiques dans la région ?

    Oui, j'ai été admirablement surpris par le travail de Manon Damiens, un sculpteur très doué. Elle allie légèreté avec volume, et il y a des mouvements, qui ne sont pas ceux des mobiles, mais ceux de la forme et aussi des éléments qu'elle utilise, ce qui crée, comme chez Gonzales, un rapport volume négatif/volume positif. Ce sont des œuvres que l'on regarde non seulement pour leur partie crée, la partie métal,  mais aussi pour pour la correspondance qu'il y entre l’œuvre et l'espace qu'elle occupe. Je suis totalement fan de son travail !

    Une heure avec Michel SourgnesUne heure avec Michel Sourgnes

    "Envol" de Manon Damiens                                                                             "Monserrat" de Julio Gonzalès

    Il y a aussi une galerie que j'ai l'intention de suivre, la galerie Jaumaud que je viens de découvrir. Dans un autre genre, je regarde aussi ce que fait Vue sur Cours  où il y a de très bonnes choses. C'est la référence dans ce qu'on pourrait appeler art décoratif.

    Et j'ai trouvé que l'exposition Chamane n'était pas mauvaise. C'est aussi un cabinet de curiosités, mais elle est plaisante, avec cette influence visuelle de l'Asie du Sud-Est et cette présence du chamane, créature que j'ai eu l'occasion de croiser dans ma vie. 

    Une conclusion ?

    Hé bien, je me demande quelquefois s'il ne serait pas temps de transmettre mes connaissances ?

    Écrire peut être ?

    Je n'aime pas écrire, je préfère parler...

     

    Une heure avec Michel Sourgnes

     Michel Sourgnes, dans son manteau de cavalier australien !

     

    Merci donc à Michel Sourgnes, ce grand Monsieur qui nous offre une exposition extraordinaire, un merveilleux moment d'exploration de l'histoire millénaire Aborigène. A voir jusqu'au 30 octobre. Vous avez 10 longues journées devant vous pour en profiter encore et encore.

    Salles des Consuls - cour d'honneur - Palais des Archevêques - Narbonne

     

    * Arnhem land :  Nord Est du territoire du Nord d'Australie.

    Source images : google images -  catalogue de l'exposition - manon damiens.com (clic sur l'image)

    Les phrases entre guillemets sont tirées du catalogue de l'exposition.

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