• Un rêve de Festival

     

    Rêver d'un festival perdu

     

    Narbonne défie le temps et l'histoire depuis plus de 2000 ans. Qu'elle soit romaine,arabique hispanisante, Elle est demeure royale pour qui sait l'aimer. Ce cœur marin qui bat pour le sang des vignes a toujours su rester fier, ouvert, hétéroclite. Serait ce la lumière qui habille les esprits ou son vent excitant les passions qui ont donné l'envie et la force à des amoureux de la culture et du cinéma de créer un festival de la fiction historique ? Car si Narbonne paraît une évidence géographique autant qu'historique, après réflexion, le pari en une telle période de crise relève soit de la folie douce, soit du pur génie.

    Cette poétique introduction signait le démarrage  de la première édition du Festival International du Film de Fiction Historique (FIFFH ), co -crée par deux fils du pays, passionnés d'histoire et désireux de valoriser leur ville et sa région.

     

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    Certains d'entre nous attendaient donc avec impatience la folie et le génie de notre festival. Car oui, nous nous l'étions déjà accaparé, c'était le nôtre, un événement palpitant et inédit, le seul autre festival de ce genre n'existant qu'en Belgique.

    Quand il a été annoncé qu'il se déroulerait cette année à Plaisance du Touch, nous avons été déçus  et pas contents du tout, surtout que la Biennale d'Aquarelle n'avait plus lieu. Biennale dont il faudrait reparler un de ces jours, juste pour la thérapie, parce que zut à la fin !

    Bien sûr, la fiction historique n'a pas besoin de s'ancrer dans une ville spécifique,ce qui est d'ailleurs la chance de ce festival, mais quand les prémisses sont si prometteuses, (et à deux pas de la maison) pourquoi ne pas continuer ?

    Alors nous avons posé des questions à Etienne Garcia, l'un des créateurs de cet évènement, en essayant de garder notre calme car nous étions déjà bien remontés : pourquoi avions nous été privés de ce festival ? Qu'avions nous fait ? Narbonne serait - elle située sur un site cosmo-tellurique négatif ? Le festival était-il victime de son succès ?

    POURQUOI PLAISANCE DU TOUCH ?

    Nous sommes partis à Plaisance du Touch car, bien qu'elle soit une petite ville (19 000 habitants) elle nous offrait l'équipement adéquat, à l'échelle de ce que l'on voulait : salles modulables pour les scolaires et les participants, parkings, cinéma, restaurant, hôtel, proximité de l'aéroport et de la grande ville (Toulouse) sur laquelle nous nous sommes appuyés pour faire venir des élèves.

    Nous avons bénéficié d'une très bonne couverture médiatique, presse, télé et radio, nous avons eu beaucoup d'invités de Paris, et surtout une énorme participation des collèges environnants.

    Si à Narbonne le festival s'encadrait bien dans une ville d'art et d'histoire, à Plaisance le public visé était aussi à portée de salle, et plus nombreux. Le département, la ville, les directeurs de collège était très intéressés. Sur le premier festival, des collectivités extérieures avaient été invitées, car curieuses de voir ce que ce pouvait être. On a donc eu beaucoup de demandes de l'Hérault ou de Midi Pyrénées prêtes à s'investir dans ce projet. L'idéal, pour nous, était de travailler aussi avec des universitaires, donc près de grandes villes. La Haute Garonne, qui avait participé à Narbonne au festival, via son musée de la résistance, et plus particulièrement Plaisance du Touch, répondait idéalement à ces critères, entre autre par l'équipement qu'elle mettait à notre disposition. Un de ses conseillers départementaux, Jérôme Buisson, qui nous avait déjà énormément soutenu à Narbonne, s'est révélé un vrai moteur pour l'épanouissement de l’événement.

     Un rêve de Festival

     Image : FR3 info régionale

      

    POURQUOI QUITTER NARBONNE ?
    Un rêve de Festival

     

    Nous avons connu, malgré les apparences, un beau succès à Narbonne, notamment auprès des scolaires. 1850 élèves Narbonnais se sont rendus au théâtre et ont participé aux concours et aux projections. Bien sûr, c’était une première, les salles n'étaient pas pleines, mais la ville était aux couleurs du festival, les télévisions étaient présentes. C'était une réussite malgré tout.

    La mairie de Narbonne (compétence culturelle) et le Grand Narbonne (équipement) ont été partenaires* et ont appuyé cet événement. Malgré l'enthousiasme de départ du maire, la ville ne pouvait plus, à son grand regret, compte tenu de la situation économique générale, subventionner l’événement et le pérenniser. (8 000€ accordés en 2015) . C'est peut être pour cette raison qu'elle s'est peu intéressée au bilan de cette manifestation, ce qui nous a conduit à nous donner de nouvelles perspectives pour poursuivre. Beaucoup d'autres villes étant intéressées, dont Plaisance du Touch, nous avons migré et annulé les réservations faites par les écoles locales.

    Nos partenaires privés (l'Hospitalet et les Grands Buffets) enchantés d'avoir contribué à ce festival, nous ont accompagnés. De même, le département de l'Aude et la Région ont souhaité travailler avec nous, pour que le festival garde une empreinte locale, ce qui contribuera à renforcer la notoriété Haute Garonne - Aude, (Carcassonne, Canal du Midi...) et à lier des actions hors territoires. Ils vont donc s'impliquer dans cette manifestation par la suite.

    Si cela paraît dommage d'arrêter ici dès la première année, nous n'avons pas de regrets. Nous sommes contents de ce que nous réussissons aujourd'hui. C'est d'ailleurs parce que nous avons fait de belles choses à Narbonne, que nous pouvons continuer ailleurs !

     

     Rêver d'un festival perduimage :    Daniel Amos

     

    C' EST DONC UN FESTIVAL DESTINÉ A GROSSIR ET RAYONNER ?

    Quand on invite Coline Serreau ou Vincent Perez, ils viennent présenter leur film certes, mais ils en parlent aussi. Le film de Vincent Perez ("Seul à Berlin") a été primé à Plaisance du Touch, et cela se saura. L'an dernier, quand Zita Hanrot, dans "Rose et le soldat" a eu le prix d'interprétation féminine au théâtre de Narbonne, on a vu sur France 2 à 20h50, l'encart « primé au Fiffh de Narbonne. » Au moins 2 à 3 millions de téléspectateurs l'ont vu et c'est évidemment très porteur parce que la ville, quelle qu'elle soit, n'a pas les moyens de s'offrir un encart publicitaire sur une chaîne nationale.

    On n'est donc pas seulement sur des retombées locales, mais aussi sur du national, et de l'international. Les médias TV et journaux, nationaux et étrangers contribuent également à cette renommée car ils suivent notre programmation. Les réalisateurs et producteurs de fictions s'intéressent à ce festival. L'image nationale et internationale qui nous est faite par tous ces retours, apporte un rayonnement qui n'a rien à voir avec une action purement locale.

    Cet évènement suscite également l'engouement du Politique, dont la fonction est de rassembler, de fédérer ; on peut donc travailler en continuité avec le Politique en lui apportant  une valeur ajoutée. Le bouche à oreille est également important.

     QUELLE EST LA SPÉCIFICITÉ DU FESTIVAL DE FILMS DE FICTIONS HISTORIQUES ?

    L'action éducative que porte le FIFFH est très appréciée et recherchée ; c'est un projet d'intérêt général qui touche des élèves du cm2 à la terminale et le grand public. Le ministère de l'éducation nationale y a été également très sensible. Ce festival, de par le regard qu'il porte sur l'Histoire est un trait d'union entre les générations. Le cinéma fait encore rêver, et provoque des moments précieux, grâce aux invités, aux acteurs et au public.

    Pour les élèves, venir sur un festival de cinéma (comme à Cannes) est un peu excitant, un peu intimidant mais ils se sentent valorisés. Marcher sur le tapis rouge, voir des acteurs ou réalisateurs en chair et en os, tout cela fait rêver et donne aux collégiens le désir de se dépasser. On fait aussi réfléchir le public puisque l'histoire à un rôle éducatif, mémoriel et rassemble les générations.

    « Mes élèves ont été cette semaine acteurs de l'histoire, nous a dit un professeur, j'ai eu l'impression de faire mon métier un peu plus intelligemment »

    Cela fait plaisir d'avoir de tels retours : des enseignants nous appellent pour nous parler de la façon dont leurs élèves assistent depuis, aux cours d'histoire, qui font leurs propres recherches car la matière les intéresse davantage, différemment, puisqu'ils ont vu des films sur le sujet, des costumes d'époque, des réactions d'acteurs, de personnes donc plongés dans certains moments de l'Histoire.

    De même, voir l'émotion des gagnants des concours jeunes, et de leurs parents est gratifiant, stimulant, surtout quand vous découvrez que ces enfants ne sont pas forcément les premiers de la classe...

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    Thème du concours de dessin  : la fraternité en temps de guerre

     

    CE FESTIVAL PRENDRA DONC DE L'AMPLEUR ?

    Notre association qui s'appelait Regard Caméra Narbonne s'appelle désormais Regard Caméra. L'Histoire traverse les territoires et continue d'avoir lieu. Le FIFFH est un vrai succès dont le fond d'investissement sera, nous l'espérons,  décuplé d'ici l'an prochain. Le Maire de Plaisance du Touch est prêt à nous donner carte blanche et une belle force de frappe, dans un secteur en plein développement économique  avec notamment, la présence de cinémas.

    Le secret de la réussite d'un événement, c'est qu'il soit porté par des passionnés. C'est là qu' interviennent les associations. Elles n'amènent pas les même choses que les collectivités. Elles ont un potentiel monumental sur lequel les collectivités peuvent s'appuyer et sont capables de faire venir des gens d'ailleurs, d'autres passionnés, pour faire rayonner un territoire par leurs actions et leurs réseaux.

    Ainsi, l'exposition des vêtements portés par les acteurs de la série "Versailles" (sur Canal +) a eu un retentissement jusque en Italie, grâce à une revue historique qui parlaient des vêtements du roi (Louis XIV) exposé dans la chambre du roi (Louis XIII), au musée d'art & d'histoire de Narbonne !

    C'est donc un festival qui fédère, qui fait vivre, revivre l'histoire et qui n'a pas besoin de millions pour fonctionner. Notre projet perdure parce que nous avons aussi eu la chance d'avoir des partenaires privés forts, comme Air France, et des visionnaires comme Gérard Bertrand de l'Hospitalet et Louis Privat des Grands Buffets. Ce sont des entrepreneurs qui ne s’attachent pas aux limites de leur territoire. Le repas des partenaires officiels de ce festival va se tenir d'ailleurs aux Grands Buffets, les gens viendront pour les Grands Buffets. A Narbonne. Je suis heureux que dans notre migration, nous ayons embarqué les forces vives de la ville.

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    Voilà, nous avons donc eu nos réponses, et vous aussi. Nous savions, dès la première édition que c'était un évènement "just fabulous" ! Bravo encore à ce festival, ses créateurs, son succès et à ceux qui ont cru en lui. Nous lui souhaitons longue vie. Peut être irons nous l'an prochain pour suivre ce festival à Plaisance du Touch. En attendant, voici le Palmarès de l'édition 2016 :

    Prix du Meilleur Scénario : Vincent Perez et Achim Von Borries pour Seul dans Berlin

    Prix de la Meilleure Interprétation Féminine : Déborah François dans Fleur de Tonnerre

    Prix de la Meilleure Interprétation Masculine : Brendan Gleeson dans Seul dans Berlin

    Mention Spéciale Réalisation : Olli Mäki de Juho Kuosmanen

    Prix du Meilleur Film : Seul dans Berlin de Vincent Perez

     

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    On se plaint toujours de ses élus. Mais quelquefois, l'incurie culturelle d'une collectivité peut contribuer au succès d'une manifestation. Celle ci deviendra probablement une référence dans le genre. Une référence perdue pour Narbonne et son territoire, au cœur de tous les possibles, dont la dés -ouverture. Dommage !

     

    Prix du meilleur film : Seul dans Berlin de Vincent Perez dont voici la bande annonce :

     

     

    * Les Narbonnais qui s'intéressent un peu à la politique locale connaissent la guerre de tranchées qui  se livre sur ce petit territoire sis dans un magnifique écrin, capable de devenir un "Cannes", par Lat. 43.11° N - Long. 3.05° E.

     

    sources images : le site du FIFFH. Les images renvoient à leur source.

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