• Tristesse aux Pénitents bleus

    Tristesse aux Pénitents bleus 

    Équestre

     

     Il y a aux pénitents bleus une drôle d' exposition. De celle qui vous pousse à vous "prendre la tête", à réfléchir à notre étonnante condition humaine. C’est René Herpe qui vient nous secouer en nous livrant sa vision personnelle de... nous mêmes, certainement. Des tableaux brouillés dont le thème se révèle progressivement à notre regard, faits d’abstraction pleine, emplis de bruit silencieux, de précis, d’imprécis : des peintures si étranges qu’on est soit obligé de regarder attentivement, soit de s'enfuir...

     

    Sur la toile, comme prise au piège, voici l'errante humanité, dont nous faisons partie hélas, faite d’individus comme imbriqués les uns dans les autres, en déportation semble t-il, réduite parfois à son contour, faite de traits, de visages flous qui, sous les zigzags du pinceau, se précisent, surgissant par endroits et vous fixent brusquement.

      

    Tristesse aux Pénitents bleus

     

    Tristesse aux Pénitents bleus

      Migrants - Boat People

     

    Qu'elle soit boat people ou migrants, aux champs comme à la ville, elle est, elle va ou elle vient, égarée, à la fois présente et absente , le regard douloureux ou inexistant mais toujours regardant, quand bien même elle a le regard des chevaux. Imparfaite, tourmentée, déesse déchue, cherchant où aller, où se réfugier, se cherchant ? 

     

    Une humanité sans joie, malgré les couleurs chaudes de certaines scènes, "vendanges" ou "tauromachie", une humanité figée dans le mouvement même, qui m'évoque, très fugitivement les regards d'un autre peuple

     

     Tristesse aux Pénitents bleus

     

    Tristesse aux Pénitents bleus

    La gare - Vendanges 

     

    Les géants sont un peu plus réconfortants parce que peut être, plus faciles d'accès car... géants, et dans des attitudes ordinaires. Pourtant, bien que leur représentation soit claire, les personnages identifiables, plus ou moins en tout cas, leur inachèvement physique (vide et plein côte à côte) renvoie à notre inachèvement spirituel, et participe de la même incomplétude terrestre, incomplétude qui se dresse quand même, qui se meut, toute de résine et de métal !

      

    Tristesse aux Pénitents bleus

     

    Tristesse aux Pénitents bleusTristesse aux Pénitents bleus

     

     

     

     

     

     

     

    Le pipi de Médor

     

    Et peut être, comme l’écrit Philippe Lemoine, que c’est l'âme, la quintessence même de l’homme, cette dérisoire partie de lui, éteinte, celle qui souffre, la mortifère, l’étrangère sur la terre , comme l'a décrit St Paul*, et qui nous fait aspirer au paradis perdu, que nous dépeint, à sa façon, René Herpe. C’est talentueux. Percutant et touchant, beau et effrayant à la fois. C'est L’humanité dans toute sa nudité, puisqu' elle vient nue au monde, mais aussi dans toute sa puissance, car elle est forte, et même géante ...  

     Tristesse aux Pénitents bleus

    Vendanges (détail) 

     

    Errances, jusqu’au 2 avril, chapelle des pénitents bleus, place R. Salengro. En ville

     

      

     

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