• Le fil de l'Histoire

      Le fil de l'Histoire

    C'est sur la place du Forum, lieu où débattaient les Romains d'antan, que s'expriment aujourd'hui les citoyens de demain. Thérèse Bérard organise, depuis une semaine déjà,  autour de l'oeuvre d'Alexia Carmona, une passionnante et très émouvante réflexion sur la guerre avec les collégiens des  classes d'espagnol de 5ème, 4ème et 3ème de Victor Hugo.

    Les élèves se renvoient des phrases de la lettre de Juan Carmona en espagnol et en français, scénarisant ainsi un adieu poignant. De jeunes musiciens accompagnent la chorale de 5ème dans un chant de la résistance espagnole. Un quart d'heure d'émotion pure, qui provoque les larmes. L'horreur de la guerre civile, la dictature de 40 ans, l'exil Républicain de plus de  500 000 personnes, 246 000 réfugiés dans les camps des Pyrénées et jusque dans l'Aude, un accueil du bout de lèvres de la part des Français, nous rappellent que nous sommes pris dans le même fil historique, celui d'une humanité qui combat encore et encore. 

    Mais que pensent vraiment les enfants de cette manifestation ?

     Que représente cette histoire pour vous ? En quoi vous touche t-elle ?

    Les filles : c'est l'histoire d'un homme qui est mort pour ses idées, et ça nous touche aussi parce qu'en France on tue des hommes pour leurs idées. Ce n'est pas normal. On croit en la liberté d'expression.

    Les garçons  : tous ceux qui sont morts, on les fait revivre en participant à ça. Ils sont morts en luttant contre une dictature. On les remercie d'avoir tenu. On se sent concerné surtout que nous quatre là, sommes d'origine espagnole.

     Avez vous l'impression de vivre dans un pays libre ou sous une dictature ?

    Les filles : A l'école, ça va. Mais on a l'impression d'après les infos qu'on a pas le droit de dire ce que l'on veut, et il y a les terroristes en ce moment.

    Les garçons : Euh, on ne sait pas vraiment.

    Est ce important de dire ce que l'on veut, parce que l'on peut dire n'importe quoi ?

    Oui, ça prouve qu'on est libre, qu'on peut s'exprimer et il y a des opinions qui, si elles ne sont pas exprimées, ne peuvent être défendues.

    Et si l'on se retrouvait sous une dictature, que feriez vous ?

    Les filles : on manifesterait, on défendrait nos idées mais je ne sais pas si on pourrait tuer des gens ! Une petite fille ajoute malicieusement : je ferais ce que me diraient mes parents.

    Les garçons : On aurait pas le choix en fait, on irait se battre

    Pourtant dans un état de dictature, on a plutôt tendance à se soumettre ?

    Les filles : on résisterait quand même, c'est important de manifester sa liberté !

    Les garçons : Nous on combattrait, je crois que nous, on se soumettrait pas !

    Vous seriez donc prêts à mourir pour vos idées ?

    Les filles et les garçons : Euh... on ne pense pas à ça , mais quand même, on résisterait. Parce ce que ce qu'on veut comme tout le monde, c'est vivre en paix.

    Un désir de paix, de solidarité, de justice traduit par un tissage collectif, orné de fanions portant des "professions de foi" de chaque élève, mais aussi de tous ceux (vous) qui passent et sont sollicités par l'artiste. Et si le discours nous parait un peu convenu, c'est parce que nous sommes bien vieux, nous , ou parce qu'il est totalement d’actualité ! Car l'homme n'a pas fini de se battre contre les tyrans, pour la liberté, et le bonheur.

     

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    Le fil de l'Histoire

    Tissages, métissages, couleurs,  symbolisent le lien entre tous, le refus de l'emprisonnement (mental), la manifestation de la "libre expression" ; tissage de jour, tissage nocturne, la place du Forum est un véritable laboratoire humaniste pour Thérèse Bérard. Un grand hommage à cette militante de la paix, qui fait un travail tout simplement extraordinaire, et à Alexia Carmona, femme au regard tendre et au cœur batailleur, digne représentante des descendants de la Retirada, aujourd'hui Français à part entière, œuvrant, créant, tissant, travaillant pour la Patrie qui les a accueillis, et rendant hommage, toujours, à Celle de leurs aînés. Chapeau bas !

     

    Le fil de l'Histoire

     Le fil de l'Histoire

     Une chorale et un chant :

     

    Jusqu'au 27 mai, 19h, jour du repas de quartier avec la Blend'art Galerie et l'association Luoga, lectures publiques , messages tissés, colombo, couscous et autres délices

    Postuma Ofrenda jusqu'au 4 juin, du mercredi au samedi de 16 à 19 h.

     

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