• Urbaine magicienne

     Épuiser la ville...

    C'est là un des aspects du travail de Margot Guillemot. Un vrai pari visuel fait par l'artiste, qui inaugure brillamment cette (notre) nouvelle galerie, écrin d' expositions toutes plus étonnantes les unes que les autres !

    Cette notion d'épuisement du lieu est tout simplement fascinante. Ici, les villes sont scrutées jusqu'à l'épuisement, jusqu’à en devenir virtuelles. Photographiées, explorées, fouillées, multipliées, superposées, puis, - parce que regarder le lieu se fait depuis un présent si intense qu'il en est infini - réduites, morcelées, détaillées, moments par moments, hasards par hasards, scène de rues, scènes d'architecture, scènes urbaines, scènes de vie, se déroulant dans les fragments épars de la ville.

    Quand Inter lude en villePage à page, feuille à feuille, et même de mille feuilles en mille feuilles, la ville se dessine et croît inexorablement : rues, ruelles, impasses, elle se poursuit sans fin.

    Une réalité froide émerge peu à peu de ce travail de recherche : celle de la frénétique agitation humaine, du fourmillement de nos sociétés de fourmis, fourmillement urbanistique, fourmillement humain, fourmillement des objets technologiques qui accompagnent les mouvements humains et occupent tout l'espace. Le crayon de Margot dévoile l'essence, l'âme étrange de la ville. 

    Bien sûr, il y a autre chose : Margot Guillemot s'expose aussi. Visage, jambes espiègles elle se reproduit en 2 D ou 3 D, évoquant fugitivement dans l'esprit du profane une technologie du futur.Un futur qui sera empli d'art...

     

    Urbaine magicienne

     

    Urbaine magicienne 

     

    Margot (Interludes) et Anne Marie (AMJ peintures 2015) dans une talentueuse filiation.

     Margot Guillemot : Interlude - Jusqu'au 10 juillet. Une exposition à voir et revoir à la  galerie AMJaumaud, Rue Carriera dels Pegots, dite Cabirol.

     

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  •   Le fil de l'Histoire

    C'est sur la place du Forum, lieu où débattaient les Romains d'antan, que s'expriment aujourd'hui les citoyens de demain. Thérèse Bérard organise, depuis une semaine déjà,  autour de l'oeuvre d'Alexia Carmona, une passionnante et très émouvante réflexion sur la guerre avec les collégiens des  classes d'espagnol de 5ème, 4ème et 3ème de Victor Hugo.

    Les élèves se renvoient des phrases de la lettre de Juan Carmona en espagnol et en français, scénarisant ainsi un adieu poignant. De jeunes musiciens accompagnent la chorale de 5ème dans un chant de la résistance espagnole. Un quart d'heure d'émotion pure, qui provoque les larmes. L'horreur de la guerre civile, la dictature de 40 ans, l'exil Républicain de plus de  500 000 personnes, 246 000 réfugiés dans les camps des Pyrénées et jusque dans l'Aude, un accueil du bout de lèvres de la part des Français, nous rappellent que nous sommes pris dans le même fil historique, celui d'une humanité qui combat encore et encore. 

    Mais que pensent vraiment les enfants de cette manifestation ?

     Que représente cette histoire pour vous ? En quoi vous touche t-elle ?

    Les filles : c'est l'histoire d'un homme qui est mort pour ses idées, et ça nous touche aussi parce qu'en France on tue des hommes pour leurs idées. Ce n'est pas normal. On croit en la liberté d'expression.

    Les garçons  : tous ceux qui sont morts, on les fait revivre en participant à ça. Ils sont morts en luttant contre une dictature. On les remercie d'avoir tenu. On se sent concerné surtout que nous quatre là, sommes d'origine espagnole.

     Avez vous l'impression de vivre dans un pays libre ou sous une dictature ?

    Les filles : A l'école, ça va. Mais on a l'impression d'après les infos qu'on a pas le droit de dire ce que l'on veut, et il y a les terroristes en ce moment.

    Les garçons : Euh, on ne sait pas vraiment.

    Est ce important de dire ce que l'on veut, parce que l'on peut dire n'importe quoi ?

    Oui, ça prouve qu'on est libre, qu'on peut s'exprimer et il y a des opinions qui, si elles ne sont pas exprimées, ne peuvent être défendues.

    Et si l'on se retrouvait sous une dictature, que feriez vous ?

    Les filles : on manifesterait, on défendrait nos idées mais je ne sais pas si on pourrait tuer des gens ! Une petite fille ajoute malicieusement : je ferais ce que me diraient mes parents.

    Les garçons : On aurait pas le choix en fait, on irait se battre

    Pourtant dans un état de dictature, on a plutôt tendance à se soumettre ?

    Les filles : on résisterait quand même, c'est important de manifester sa liberté !

    Les garçons : Nous on combattrait, je crois que nous, on se soumettrait pas !

    Vous seriez donc prêts à mourir pour vos idées ?

    Les filles et les garçons : Euh... on ne pense pas à ça , mais quand même, on résisterait. Parce ce que ce qu'on veut comme tout le monde, c'est vivre en paix.

    Un désir de paix, de solidarité, de justice traduit par un tissage collectif, orné de fanions portant des "professions de foi" de chaque élève, mais aussi de tous ceux (vous) qui passent et sont sollicités par l'artiste. Et si le discours nous parait un peu convenu, c'est parce que nous sommes bien vieux, nous , ou parce qu'il est totalement d’actualité ! Car l'homme n'a pas fini de se battre contre les tyrans, pour la liberté, et le bonheur.

     

    Le fil de l'HistoireLe fil de l'Histoire

     

    Le fil de l'HistoireLe fil de l'HistoireLe fil de l'HistoireLe fil de l'Histoire

       

    Le fil de l'Histoire

    Tissages, métissages, couleurs,  symbolisent le lien entre tous, le refus de l'emprisonnement (mental), la manifestation de la "libre expression" ; tissage de jour, tissage nocturne, la place du Forum est un véritable laboratoire humaniste pour Thérèse Bérard. Un grand hommage à cette militante de la paix, qui fait un travail tout simplement extraordinaire, et à Alexia Carmona, femme au regard tendre et au cœur batailleur, digne représentante des descendants de la Retirada, aujourd'hui Français à part entière, œuvrant, créant, tissant, travaillant pour la Patrie qui les a accueillis, et rendant hommage, toujours, à Celle de leurs aînés. Chapeau bas !

     

    Le fil de l'Histoire

     Le fil de l'Histoire

     Une chorale et un chant :

     

    Jusqu'au 27 mai, 19h, jour du repas de quartier avec la Blend'art Galerie et l'association Luoga, lectures publiques , messages tissés, colombo, couscous et autres délices

    Postuma Ofrenda jusqu'au 4 juin, du mercredi au samedi de 16 à 19 h.

     

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  • Villes rêvées, réels habitants

    L'exposition Éphémères urbains a démarré hier soir avec les mots du poète bordelais, Micaël Ognibene. Mots profonds, quasi philosophiques qui nous rappellent, dans cette expo sur la ville, que l'infiniment grand mesure ma petitesse, l'infiniment petit tout autant.

    Que dit il de la ville, titre d'un de ses poèmes  ? En voici un petit extrait :

    Ville de lumière et de ténèbres, ou le meilleur côtoie le pire, où le tout paraît si peu face à l'essentiel, ville qui se gargarise, qui méprise, ville qui reconstruit sa Bastille, qui s'isole, qui lorgne sur sa grandeur , perdue, déclassée, qui se dilue , qui se vend *(extrait du poème « La ville)

    Villes rêvées, réels habitants

    De droite à gauche : Sandrine, Olivier (organisateurs), Micaël Ognibene, poète, Yoan(le petit Agenda) et enfin l'artiste, Krystöf  

    C'est aussi une ville qui se dilue et qui se vend que nous présente Krystöf, l'artiste de ce soir  : ville sous la mer, ville imaginaire, ville rêvée, villes perdue, qu'elle soit Atlantide, Utopia, Cité radieuse ou cité d'argent de Minas Tirith, elle nous subjugue toujours. Qui n'a jamais rêvé de fonder une ville ?


    Krystöf, utopiste ? Peut être. L'ordination de l’espace se fait et se défait ici à l'aide de noirs, de blancs, de couteaux, de pinceaux et d'acrylique pour des villes nouvelles, incrées mais bien réelles. Puissant, le dessin de Krystöf est aussi subtil, figuratif, évocateur, et se poursuit en abstraction hiéroglyphée dans des tableaux plus complexes.

    Un dessin qui nous rappelle que, malgré les perpétuelles interventions d'urbanistes, d'architectes, de jardiniers, malgré nos carnavals, nos manifs culturelles ou politiques pour l'animer, il n'est pas facile, en vrai, de vivre nos villes avec élégance, ou flamboyance. Nous nous contentons d'y errer, et d'y passer, sans grand espoir. Alors pourquoi ne pas la réinventer ?

      Villes rêvées, réels habitants

     

    Villes rêvées, réels habitants

    Belles, oniriques, élégantes, les créations de Krystöf nous conduisent au cœur de  l'utopie, de l'idéal, ces "irréalisés", et nous poussent à nous questionner : si la politique était faite de plus de rêves, dans quel monde fabuleux vivrions nous ?

    Alors réinventer notre ville ? La virtualiser comme ce soir puisqu'aura lieu la première nuit debout pour une ville inattendue, au parking du théâtre ? Nous pouvons nous aussi, dessiner notre ville. Ville éphémère peut être, et pourquoi pas ?

    Bravo donc à Olivier Vincello, à Sandrine et au Lindo Café qui nous présentent ce peintre très doué, capable de provoquer en nous une imaginaire révolution urbaine.  

     

    Villes rêvées, réels habitants

    Détail

     

    L'univers urbain de l'artiste peintre : ICI

    L'univers poétique de Micaël Ognibene :


     Ephèmeres Urbains, au Lindo café, rue du 1er mai. Jusqu'au 18 mai

    * la mise en page a été modifiée pour ce blog. Copié avec l'autorisation de Micaël Ognibene

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