• Intemporelle surprise

     A la Poudrière, Gautier D. se taille un beau succès Avec plus de 500 entrée en 9 jours. Ses intemporelles sont une vraie surprise et un coup de cœur pour les visiteurs.

    Si la jeunesse du style est en cours d’affirmation,  (c'est sa première exposition) mais prometteur, le contenu révèle une belle richesse intérieure. Encre de chine, peinture à la spatule ou au bâton, décrivent sculpturalement la prééminence de l’homme, et picturalement, la dérisoire vanité des activités de l’homme, dans corid’homme par exemple, mais aussi sa place si colorée dans la géométrie du monde physique et spirituel.

    Des œuvres exposées qui offrent une réflexion métaphysique : C’est beau, prometteur et touchant.  Jusqu'au jeudi 23 mars. Vite vite !

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    Intemporelles surprises

      Intemporelles à la Poudrière

     

    Métaphysique encore au Waw, où Serge Griggio, accompagné de quelques amis, Leon Diaz Ronda, Jo Ballard ou encore Mazzino, expose « Morsure »

    J’aime être entouré de mes amis, dit-il je montre toujours un ou deux de leur tableaux quand j’expose. Il pourrait ajouter : je suis aussi à la recherche de la pierre philosophale, car c’est à une œuvre vraiment mystérieuse que s’attache le beau Serge.

    Morsure de l’acide nitrique sur le zinc, zinc mordu, martelé, de chimie en alchimie, serge griggio se collète avec la matière pour en faire émerger paysages étranges et fugitives figures, l’amenant ainsi quasiment à la sublimation*. C’est forcément abstraitement abouti et c’est du Griggio. Il n’y a rien de plus à dire : place aux yeux et à l’imaginaire.

     

    Intemporelles surprises

    Morsure , au WAW, boulevard Gambetta jusqu'au 14 avril

     Intemporelles surprises

     *Sublimer : faire passer la matière de l’état solide à l’état gazeux

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  •  Gavrinis ? Palinodies ?

      

    Il y eut d'abord cette époque, antique, bien bien avant J.C* ou les Celtes , les Aborigènes et peut être même les Babyloniens coexistaient, mangeant, buvant, s'aimant et gravant des messages un peu partout, signant ainsi leur prétendue supériorité sur l'animal, créant ce qui aujourd’hui devient, pour nous, des œuvres d‘art.

    Dans le tumulus de Gavrinis, sur la presqu’île de Rhuys, Morbihan, les Celtes ont gravé leur voix dans le granit. Et c’est cette voix que retranscrit Philippe Guesdon, telle quelle, profondément attentif, en un travail minutieux, totalement habité par cette écriture pour laquelle il s’est pris de passion et qu‘il nous livre dans ses « peintures de gravures» Il restitue fidèlement des signes grands comme des cathédrales, petits comme des atomes, mystérieux comme des prophéties, impénétrables mais soupçonnables, ici un serpent peut être, là une femme peut être aussi, et là encore un bout du cosmos... Dans la grotte scénarisée par Anne Marie Jaumaud, le tumulus reconstitué que nous offre Guesdon, on se retrouve étrangement rajeunis, fascinés, au début du monde, et toujours en plein mystère. C’est très excitant !

    Gavrinis ? Palinodies ?Gavrinis ? Palinodies ?

     

     Tumulus de Gavrinis -Bretagne

     

                                                                                                        Tumulus de Gavrinis -Narbonne

     

    Il y eut ensuite aussi cette autre époque, plus tardive, un 15ème siècle après J.C * Celle d’Albrecht Dürer, de Sébastien Brant (1491) ou du « Calendrier des Bergers », qui transmettait d’autres messages, plus signifiants, plus figuratifs.

    Philippe Guesdon étudie encore et encore le travail, le style, les modes de tracés d’artistes de cette époque, travaillant à leur manière, recréant même sa propre nef des fous, traitant des toiles qui se fripent, se plissent, se rigidifient, ou se tressent. Il y peint ensuite ses Palinodies en un travail érudit, précieux, ancré dans la manière des anciens. Les Palinodies, chants nouveaux**, malicieusement explicitées par Thierry Romagné, professeur de lettres, qui voit un broussin*** voit un essaim et finit par baiser tout l’arbre, ou ni vu ni connu ni reconnu, ou encore mariage plus vieux mariage véreux, etc... sont aussi des peintures de gravures, faites d’un trait antique et moderne à la fois. La séduction du passé, si semblable au présent finalement, fait de ces oeuvres, qu’elles soient Celtiques, ou moyen-âgeuses, un travail troublant, très proche de nous. Contemporain dit on.

    Mais le trait de Guesdon se confond avec celui de l’artiste qu’il observe. En amont, copie, détail, reprise de détail, réassemblage. En aval, les créations personnelles.

    Qui peint ? Qui est peint ?

    Gavrinis ? Palinodies ?

    Et tout comme celles de Gavrinis, les Palinodies sont à décrypter visuellement. Comme un jeu de découvertes, nécessitant l’attention, une profondeur de regard pour la plus grande joie de l’observateur qui là où il ne voyait que traits, découvre des personnages, des scènes paysannes, des animaux…

    Et puis aussi, il faut bien le dire, ces toiles nous rappellent les dessins de nos livres d'histoire du primaire que nous scrutions, intrigués, émerveillés, stupéfaits de découvrir des personnages qui avaient existé bien avant nous et qui étaient dans des livres : Bernard Palissy, Du Guesclin, Jeanne d'Arc... et plus tard, ces merveilleuses images des Heures de Du Berry...

    C'est une exposition enchantée, une exposition réjouissante, dont une des particularités est d’offrir par à coup des moments - d'une qualité certaine- où l'on peut se jeter à corps perdu dans du lin plissé... Ce n’est pas si fréquent !

     

    Gavrinis ? Palinodies ?

                                                            Anne Marie Jaumaud-  Philippe Guesdon

    Jusqu’au 17 avril. Et à visiter, toujours, le site de la Galerie

     

     

    Gavrinis ? Palinodies ?

     

     

     * J.C. : Jésus Christ.  

    ** Etymologie 

    *** Broussin : excroissance ligneuse du tronc de certains arbres 

     

     

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  • Tristesse aux Pénitents bleus 

    Équestre

     

     Il y a aux pénitents bleus une drôle d' exposition. De celle qui vous pousse à vous "prendre la tête", à réfléchir à notre étonnante condition humaine. C’est René Herpe qui vient nous secouer en nous livrant sa vision personnelle de... nous mêmes, certainement. Des tableaux brouillés dont le thème se révèle progressivement à notre regard, faits d’abstraction pleine, emplis de bruit silencieux, de précis, d’imprécis : des peintures si étranges qu’on est soit obligé de regarder attentivement, soit de s'enfuir...

     

    Sur la toile, comme prise au piège, voici l'errante humanité, dont nous faisons partie hélas, faite d’individus comme imbriqués les uns dans les autres, en déportation semble t-il, réduite parfois à son contour, faite de traits, de visages flous qui, sous les zigzags du pinceau, se précisent, surgissant par endroits et vous fixent brusquement.

      

    Tristesse aux Pénitents bleus

     

    Tristesse aux Pénitents bleus

      Migrants - Boat People

     

    Qu'elle soit boat people ou migrants, aux champs comme à la ville, elle est, elle va ou elle vient, égarée, à la fois présente et absente , le regard douloureux ou inexistant mais toujours regardant, quand bien même elle a le regard des chevaux. Imparfaite, tourmentée, déesse déchue, cherchant où aller, où se réfugier, se cherchant ? 

     

    Une humanité sans joie, malgré les couleurs chaudes de certaines scènes, "vendanges" ou "tauromachie", une humanité figée dans le mouvement même, qui m'évoque, très fugitivement les regards d'un autre peuple

     

     Tristesse aux Pénitents bleus

     

    Tristesse aux Pénitents bleus

    La gare - Vendanges 

     

    Les géants sont un peu plus réconfortants parce que peut être, plus faciles d'accès car... géants, et dans des attitudes ordinaires. Pourtant, bien que leur représentation soit claire, les personnages identifiables, plus ou moins en tout cas, leur inachèvement physique (vide et plein côte à côte) renvoie à notre inachèvement spirituel, et participe de la même incomplétude terrestre, incomplétude qui se dresse quand même, qui se meut, toute de résine et de métal !

      

    Tristesse aux Pénitents bleus

     

    Tristesse aux Pénitents bleusTristesse aux Pénitents bleus

     

     

     

     

     

     

     

    Le pipi de Médor

     

    Et peut être, comme l’écrit Philippe Lemoine, que c’est l'âme, la quintessence même de l’homme, cette dérisoire partie de lui, éteinte, celle qui souffre, la mortifère, l’étrangère sur la terre , comme l'a décrit St Paul*, et qui nous fait aspirer au paradis perdu, que nous dépeint, à sa façon, René Herpe. C’est talentueux. Percutant et touchant, beau et effrayant à la fois. C'est L’humanité dans toute sa nudité, puisqu' elle vient nue au monde, mais aussi dans toute sa puissance, car elle est forte, et même géante ...  

     Tristesse aux Pénitents bleus

    Vendanges (détail) 

     

    Errances, jusqu’au 2 avril, chapelle des pénitents bleus, place R. Salengro. En ville

     

      

     

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