•  Gavrinis ? Palinodies ?

      

    Il y eut d'abord cette époque, antique, bien bien avant J.C* ou les Celtes , les Aborigènes et peut être même les Babyloniens coexistaient, mangeant, buvant, s'aimant et gravant des messages un peu partout, signant ainsi leur prétendue supériorité sur l'animal, créant ce qui aujourd’hui devient, pour nous, des œuvres d‘art.

    Dans le tumulus de Gavrinis, sur la presqu’île de Rhuys, Morbihan, les Celtes ont gravé leur voix dans le granit. Et c’est cette voix que retranscrit Philippe Guesdon, telle quelle, profondément attentif, en un travail minutieux, totalement habité par cette écriture pour laquelle il s’est pris de passion et qu‘il nous livre dans ses « peintures de gravures» Il restitue fidèlement des signes grands comme des cathédrales, petits comme des atomes, mystérieux comme des prophéties, impénétrables mais soupçonnables, ici un serpent peut être, là une femme peut être aussi, et là encore un bout du cosmos... Dans la grotte scénarisée par Anne Marie Jaumaud, le tumulus reconstitué que nous offre Guesdon, on se retrouve étrangement rajeunis, fascinés, au début du monde, et toujours en plein mystère. C’est très excitant !

    Gavrinis ? Palinodies ?Gavrinis ? Palinodies ?

     

     Tumulus de Gavrinis -Bretagne

     

                                                                                                        Tumulus de Gavrinis -Narbonne

     

    Il y eut ensuite aussi cette autre époque, plus tardive, un 15ème siècle après J.C * Celle d’Albrecht Dürer, de Sébastien Brant (1491) ou du « Calendrier des Bergers », qui transmettait d’autres messages, plus signifiants, plus figuratifs.

    Philippe Guesdon étudie encore et encore le travail, le style, les modes de tracés d’artistes de cette époque, travaillant à leur manière, recréant même sa propre nef des fous, traitant des toiles qui se fripent, se plissent, se rigidifient, ou se tressent. Il y peint ensuite ses Palinodies en un travail érudit, précieux, ancré dans la manière des anciens. Les Palinodies, chants nouveaux**, malicieusement explicitées par Thierry Romagné, professeur de lettres, qui voit un broussin*** voit un essaim et finit par baiser tout l’arbre, ou ni vu ni connu ni reconnu, ou encore mariage plus vieux mariage véreux, etc... sont aussi des peintures de gravures, faites d’un trait antique et moderne à la fois. La séduction du passé, si semblable au présent finalement, fait de ces oeuvres, qu’elles soient Celtiques, ou moyen-âgeuses, un travail troublant, très proche de nous. Contemporain dit on.

    Mais le trait de Guesdon se confond avec celui de l’artiste qu’il observe. En amont, copie, détail, reprise de détail, réassemblage. En aval, les créations personnelles.

    Qui peint ? Qui est peint ?

    Gavrinis ? Palinodies ?

    Et tout comme celles de Gavrinis, les Palinodies sont à décrypter visuellement. Comme un jeu de découvertes, nécessitant l’attention, une profondeur de regard pour la plus grande joie de l’observateur qui là où il ne voyait que traits, découvre des personnages, des scènes paysannes, des animaux…

    Et puis aussi, il faut bien le dire, ces toiles nous rappellent les dessins de nos livres d'histoire du primaire que nous scrutions, intrigués, émerveillés, stupéfaits de découvrir des personnages qui avaient existé bien avant nous et qui étaient dans des livres : Bernard Palissy, Du Guesclin, Jeanne d'Arc... et plus tard, ces merveilleuses images des Heures de Du Berry...

    C'est une exposition enchantée, une exposition réjouissante, dont une des particularités est d’offrir par à coup des moments - d'une qualité certaine- où l'on peut se jeter à corps perdu dans du lin plissé... Ce n’est pas si fréquent !

     

    Gavrinis ? Palinodies ?

                                                            Anne Marie Jaumaud-  Philippe Guesdon

    Jusqu’au 17 avril. Et à visiter, toujours, le site de la Galerie

     

     

    Gavrinis ? Palinodies ?

     

     

     * J.C. : Jésus Christ.  

    ** Etymologie 

    *** Broussin : excroissance ligneuse du tronc de certains arbres 

     

     

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  • Tristesse aux Pénitents bleus 

    Équestre

     

     Il y a aux pénitents bleus une drôle d' exposition. De celle qui vous pousse à vous "prendre la tête", à réfléchir à notre étonnante condition humaine. C’est René Herpe qui vient nous secouer en nous livrant sa vision personnelle de... nous mêmes, certainement. Des tableaux brouillés dont le thème se révèle progressivement à notre regard, faits d’abstraction pleine, emplis de bruit silencieux, de précis, d’imprécis : des peintures si étranges qu’on est soit obligé de regarder attentivement, soit de s'enfuir...

     

    Sur la toile, comme prise au piège, voici l'errante humanité, dont nous faisons partie hélas, faite d’individus comme imbriqués les uns dans les autres, en déportation semble t-il, réduite parfois à son contour, faite de traits, de visages flous qui, sous les zigzags du pinceau, se précisent, surgissant par endroits et vous fixent brusquement.

      

    Tristesse aux Pénitents bleus

     

    Tristesse aux Pénitents bleus

      Migrants - Boat People

     

    Qu'elle soit boat people ou migrants, aux champs comme à la ville, elle est, elle va ou elle vient, égarée, à la fois présente et absente , le regard douloureux ou inexistant mais toujours regardant, quand bien même elle a le regard des chevaux. Imparfaite, tourmentée, déesse déchue, cherchant où aller, où se réfugier, se cherchant ? 

     

    Une humanité sans joie, malgré les couleurs chaudes de certaines scènes, "vendanges" ou "tauromachie", une humanité figée dans le mouvement même, qui m'évoque, très fugitivement les regards d'un autre peuple

     

     Tristesse aux Pénitents bleus

     

    Tristesse aux Pénitents bleus

    La gare - Vendanges 

     

    Les géants sont un peu plus réconfortants parce que peut être, plus faciles d'accès car... géants, et dans des attitudes ordinaires. Pourtant, bien que leur représentation soit claire, les personnages identifiables, plus ou moins en tout cas, leur inachèvement physique (vide et plein côte à côte) renvoie à notre inachèvement spirituel, et participe de la même incomplétude terrestre, incomplétude qui se dresse quand même, qui se meut, toute de résine et de métal !

      

    Tristesse aux Pénitents bleus

     

    Tristesse aux Pénitents bleusTristesse aux Pénitents bleus

     

     

     

     

     

     

     

    Le pipi de Médor

     

    Et peut être, comme l’écrit Philippe Lemoine, que c’est l'âme, la quintessence même de l’homme, cette dérisoire partie de lui, éteinte, celle qui souffre, la mortifère, l’étrangère sur la terre , comme l'a décrit St Paul*, et qui nous fait aspirer au paradis perdu, que nous dépeint, à sa façon, René Herpe. C’est talentueux. Percutant et touchant, beau et effrayant à la fois. C'est L’humanité dans toute sa nudité, puisqu' elle vient nue au monde, mais aussi dans toute sa puissance, car elle est forte, et même géante ...  

     Tristesse aux Pénitents bleus

    Vendanges (détail) 

     

    Errances, jusqu’au 2 avril, chapelle des pénitents bleus, place R. Salengro. En ville

     

      

     

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  • Tout le monde en parle, en a parlé, en reparlera...

    Vous savez où ça se passe !

    Marie Claude Canet (détail)

    Une des dernières expos de la Blend’art galerie, place Bistan du Forum : Marie Claude Canet et Inger Myren nous proposent leurs aquarelles jusqu'au 14 décembre, jour où elles nous convient au dévernissage. Elles exposent de nombreuses toiles qu’il faut découvrir à la façon Blend‘art : en les feuilletant une à une, comme les pages d’un livre et se laisser surprendre. Paysages, portraits ou objets d'étude sont empreints d'une magie qui ne cache rien de la technicité de ces peintres. Une exposition qui aurait mérité de larges pans de murs, mais qui a le mérite de nous faire aimer l'aquarelle

    Vous savez où ça se passe !

    Inger Myren (détail)

     

     Vous savez où ça se passe   On dégringole des hauteurs de l’impermanence calligraphique de Felip Costes (oui c'est fini) pour, dans un grand éclat de rire, chuter dans la matière, la matière brute, façonnée, presque manufacturée d'un drôle de bonhomme : Oskar est au Waw où il expose ses œuvres étonnantes jusqu’au 8 janvier. Objets et peintures signent un parcours très atypique et une vision personnelle de la lumière. A voir absolument, car Oskar, c'est très joyeux.

     

      

    Vous savez où ça se passe

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    Il côtoie ce mois ci les artistes de l’Arthothèque Pousse Cailloux (lien). Les bijoux (inédits) de Manon Damien et Fabienne Laheurte, les miniatures déjantées (qui ressemblent étrangement à des copains d‘enfance !) de Félix Valdelièvre, les moutons et les miroirs d’Alexia Carmona et bien d’autres, font chatoyer le marché de noël hébergé par Valérie Cazanave, dans un lieu toujours chic et choc. On y sert même des gâteaux fait maison ! Toute l'actu du Waw ici, où ça bouge pas mal !

    Vous savez où ça se passe Vous savez où ça se passe !Vous savez où ça se passe !

      

    Même si nous sommes habillés de la naissance à la mort, nous venons nus au monde. C’est-ce que nous rappelle Philippe Kandel dont les sujets sont photographiés nus et renus,  sans mise en scène, ou retouche, et dans des non poses si évidentes, si naturelles qu'elles peuvent provoquer chez certains (moi par exemple) une certaine gêne. C’est qu’il y a bien longtemps que nous avons quitté le jardin d’Eden ! Mais  pour changer, on voit des zizis d’hommes. Des riquiquis, des petits, des grands des longs…Ça me rappelle une chanson !

     

    Vous savez où ça se passe Vous savez où ça se passe

    Jean Louis Engels quant à lui, nous prouve que les regards en disent autant que des corps dévêtus. La facture de ses tableaux et leur traitement, plutôt académique,  font penser au style des siècles précédents.   

    Vous savez où ça se passe Vous savez où ça se passe

    A découvrir par vous-mêmes, à la galerie Jaumaud qu’on ne présente plus, jusqu'au 3 janvier.Les enfants de 12 ans minimum doivent être accompagnés.

    Et pendant que Dame Nature habille de fauve automnal le  Métasequoia , l’arbre de la paix d’Antony Duff resplendit de toute sa blancheur à l’atelier 25, rue Fabre.

     

    Vous savez où ça se passe Vous savez où ça se passe !

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

      

      

      

    Passer Décembre  dans une cabane par pure gourmandise, car  le Macar a ouvert sa cabane à huîtres pour tout le mois de Noël. Un endroit où on va se serrer les uns contre les autres pour découvrir quel goùt ont les huîtres , sur les Barques... L'Ephémère ? Quintessence du durable !

     

    Image felip coste : sur son site

     

     

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