• La Dame de Montredon

    La Dame de Montredon

      

    Elle marche, elle marche sans fin, le temps s'est arrêté un jour et elle y a basculé, condamnée à la route. Elle enfile son legging et s'en va, sur la route de Montredon, si lente, si lasse, si vieille et si usée, si seule, toujours seule, une telle solitude ça n'est pas  croyable et ça n’a pas de nom…

    Elle refuse de vous parler quand vous l'abordez mais vous sourit de temps en temps. Elle a même des connaissances, et peut être des amies.  On la croise quelques fois, le long des vitrines qu'elle lèche, ou attablée, au restaurant, la fourchette urbaine et souriante, faisant semblant, tout en coupant sa viande, de participer à la vie de la société. A laquelle elle ne demande rien. Elle sait depuis longtemps ce que vaut le monde.

    C'est une dame, qui a eu une drôle de vie, une vie dont elle a (peut être) choisi le côté le plus vil, de celle qui permet aux porcs souilleux souillants, de l'injurier, hilares, contents d'eux même et confiant dans leur bon droit à exister minablement, avant de rentrer border des petites filles qui sait ce qu'elles deviendront, ignorant si elles seront de celles qui se posent le long de la nationale pour satisfaire des types comme eux, nombreux, si nombreux ?  Une multitude, et elle seule, sur la route de Montredon, baissant la tête, un éternel sourire figé sur le visage.

     Et qui peut dire l’indicible, sinon celui qui est pur, ou celui qui est poète ?

     Bord de route 

    Le lapereau Au bord de la route,  

    Hume l’air noir du matin 

    Lapereau, «même pas «apeuré 

    Comme disent les enfants 

    Ma voiture poursuit son chemin  

    Qui me mène au travail 

    Au retour, bien plus loin,  sous le soleil qui frappe 

    Ce sont des prostituées Qui «balisent» 

    Qui balisent le trajet.  

    Je banalise.  

                                                                                Michel Sidobre

     

     La Dame de Montredon

     

    Merci au poète Michel Sidobre pour son aimable autorisation.

     

     

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  • Commentaires

    1
    Jeudi 15 Mars à 22:46

    C'est une réalité à laquelle on songe peu .... non pas parce qu'on la rejette, mais bien parce qu'elle dépasse notre entendement ! 

    Tout comme celle des personnes âgées qui se retrouvent bien souvent dans une solitude atroce.... J'ai bien connu le prob quand j'ai travaillé pour elles pdt un temps... 

    Alors quand les deux situations se conjuguent... ça fait mal ! mal aux tripes... 

    Merci pour ce témoignage de compassion

    Bisous

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