• L'Autre prend le thé chez Agatha

     

    L'Autre prend le thé chez Agatha

     

     

    Comment voit-on l'autre, l'étranger lorsque l'on vit sur une île ? Que l'on fait partie d'un peuple qui a conquis le monde entier ou presque ? Conscient de ses capacités et de sa supériorité ? C'est à l'heure du thé que se dévoile pleinement l'anglaise mentalité insulaire : Agatha choisit délicatement un sandwich au concombre, verse un nuage de lait sur son thé brûlant et nous dit tout, du ton tranquille et détaché propre à toute îlien qui se respecte.

     

    Des Américains

     

    J’ai lu les exploits des gangsters de Chicago. Ce pays regorge de bandits et les policemen ne valent guère mieux. Ce n’est pas comme les nôtres.(le couteau sur la nuque)

      

    Des Arabes et autres orientaux:

      

    Mrs. Hubbard venait d’accomplir son premier voyage en Orient et racontait à qui voulait L'Autre prend le thé chez Agathal’entendre ce qu’elle pensait des Turcs, de leur indolence et de l’état de leurs routes. (le crime de l'orient express)

    Il me semble que (son mari ) c’est un Turc. N’est-ce pas affreux pour une Anglaise d’épouser un Turc ? Cela dénote un manque total de goût. Mme Tanios est une mère dévouée, mais ses enfants sont bien laids, les pauvres petits ! (témoin muet)

       Je dois dire que la vue du docteur Tanios (le grec) me causa une réelle surprise. Je m’attendais à voir un étranger à la barbe noire, à la peau huileuse et à l’aspect effrayant (idem, le point de vue de hastings)

    Tout le camp puait l'Arabe à plein nez (loin de vous ce printemps)

     

    Des Chinois

     

    Les Chinois ? Raffinés ? Nous sommes tous fixés sur le compte des chinois ! (la plume empoisonnée)

    Un pli pour vous, capitaine. C’est un païen de Chinois qui l’a apporté… Il attend en bas. (Les L'Autre prend le thé chez AgathaQuatre) 

    Nul doute, ce démon de Chinois parlait sérieusement ; (Les Quatre)

    Si nous étions une bande de Chinois, nous ne serions pas fichus de nous reconnaître les uns des autres. Il hocha tristement la tête, puis avala une coupe de champagne. - Quoi qu’il en soit, on ne me prendra jamais pour un Nègre ! Cette remarque sembla lui procurer une vive joie. ((le couteau sur la nuque)

     

    Des étrangers tout court

     

    Le major Porter s’interrompit de nouveau. Son regard, partant des chaussures pointues, monta vers le haut, rencontrant successivement un pantalon à rayures, un veston noir, une moustache énorme et un crâne en forme d’œuf. Un étranger, évidemment. Cela expliquait les souliers. « Vraiment, songea le major, je me demande où ce club est en train d’aller ! Ces étrangers se glissent partout. Même ici ! (le flux et le reflux)

    Mais je me défie des étrangers. Ils sont si rusés ! (Témoin muet)

    Que M. Shaitana fût Argentin, Portugais, Grec, ou qu’il appartînt à une autre nationalité méprisée, à tort ou à raison, par l’insulaire britannique, nul n’aurait su le dire. En le voyant, les hommes disaient invariablement : « Voilà encore Shaitana, ce sacré métèque ! » (Cartes sur table)

     

    Des Français :

     

    Vous êtes français, mon aveu ne vous choquera pas. Ah ! Vous autres français, vous êtes tous des coquins ! (les quatre)

    L'Autre prend le thé chez Agatha« On ne vous permettra pas d’accaparer, toute la soirée, la seule jolie fille présente. Vous autres, Français, ne perdez jamais de temps, n’est-ce pas ? — Sachez que je suis Belge, rectifia Poirot — Cela revient au même, ce me semble, lorsqu’il s’agit des femmes. » (cartes sur table)

    Ces gouvernantes françaises semblent tellement incapables de faire preuve d’autorité.

    Et quand on songe qu’il n’y a qu’une Française dans la maison… Avec ce qu’on sait de leur émotivité… elle aurait pu aller jusqu’à piquer une crise de nerfs. (le vallon)

     

    Des Nègres

     

    Nos frères noirs, nos frères en Christ, pensa Vera. Bon sang, je vais me mettre à hurler de rire (10 petits nègres)

     L'Autre prend le thé chez Agatha

     

    Mais laissons le mot de la fin à Hercule Poirot, notre détective préféré

     

    Ah ces Anglais, quelles têtes de pioche !

     

    L'Autre prend le thé chez Agatha

     

    En espérant que ce billet n'aura pas attiré l'attention d'un de ces maniaques anti raciste que nos sociétés actuelles produisent à grand tombereaux, et qu'un imbécile ne se mettra à expurger ses romans, déjà qu'ils veulent massacrer le club des cinq*, frottons nous à la mentalité des habitants d'Albion et affinons notre jugement sur l'autre en relisant les romans d'Agatha Christie.

     Bonne lecture !

     

     

    Le club des cinq, (bibliothèque rose) écrits par Enid Blyton pour la jeunesse est une oeuvre qui fait la part belle à la langue et à l'humanisme, et poursuivie, après sa mort, par Claude Voilier, Française, héritière du colonialisme récent (1917- 2009) dont certains dialogues font  de la suite  du club des cinq (rebaptisés "les cinq" en 1971) des textes banalement  racistes (mais attention hein, racisme ordinaire! donc ça peut aller) que lisent les enfants d'aujourd'hui qui peuvent en toute désinvolture apprendre, par exemple, que les Indiens sont des moricauds. 

    L'Autre prend le thé chez Agatha

     Source images : google images

      

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