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    Le maître de la Place

     

    Aussi indépendant que Snoopy, entre désinvolture, confiance en soi et errance, Willow, jack russel vieillissant, arpente son domaine et promène son existence sous l’œil de tous.

    Il frôle la via Domitia, déambule le long du passage de l’Ancre, remonte la rue Droite, pousse, plus rarement, jusqu’à Viollet le Duc, reniflant paresseusement, remuant mollement la queue, clignant des yeux en levant la tête. Aucune odeur ne lui échappe, aucun inconnu n’échappe à son regard, même s’il parait indifférent.

    Le maître de la Place

    Puis, d’un air las, il s’assied. Vaguement, épisodiquement, intéressé par quelques congénères, qui de temps en temps viennent le saluer, il réagit à peine, car il a tout vu, tout senti. Il traîne ses 16 ans, ses 10 kg et un air dédaigneux de patriarche. Il sourit peu. Aboie rarement. Ou jamais ! 

    Le maître de la Place

     

    Le maître de la PlaceLe maître de la Place

      

    Se couche dans une flaque de soleil, s’endort quelquefois. Au milieu de la place de l’hôtel de ville, face à ce palais des archevêques dont les arabesques et la splendeur ne l’émeuvent pas. Willow n’est pas un touriste, il est ici chez lui, sur ses 2 600 m2 de pavés.  participant aux évènements, en spectateur discret, en marcheur blasé.

     

    Le maître de la PlaceLe maître de la Place



     

     

     

     

     

    De temps en temps, il lâche une crotte, sans s’inquiéter de qui ramassera. C’est là son privilège, crotter face au palais des Archevêques.

     Le voilà qui se remet à slalomer entre les chaises de la terrasse du petit Moka, ou du Soleil Noir. Et quelquefois, il disparait des jours entiers. En cure de repos ?

     

    Le maître de la Place

    C’est un chien, le meilleur ami de l’homme dit-on. Mais surtout son propre meilleur ami. Pas fou.

     

    Le maître de la Place

    Un maitre ? Mieux encore, Willow, c’est le Roi de la place !

      

     

     

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    Emmanuel avec nousAlléluia, le marché tressaute d’allégresse, il est très très content. En effet, l’élu programmé arrive, triomphant. 14% de grimpette pour le Cac* 40, ce 24 avril, qui cabriole de tous ses 5269 points, du jamais vu nous dit on depuis un bail. Le monde entier se réjouit, enfin les marchés. Un Emmanuel nous est né ! Les vieux briscards, retrouvant la vigueur de leur jeunesse accourent à toutes jambes, Emmanuel ! Emmanuel ! Les socialistes, supérieurement habiles à provoquer le chaos, ennemis historiques et traîtres perpétuels de la France, et dont on peut à peine se réjouir de leur quasi disparition, se régénèrent rapidement en choisissant leur camp : le grand capital ! Ce ne sera plus jamais le social, ce sera croncron.

     

    En ce dimanche soir, le 23 avril, la France, avide de changement, a choisi un mirage de miracle. Celui du renoncement à elle-même. Celui du non choix. Celui de la soumission aux puissants. L’Emmanuel lui-même lève les bras au dessus de nos têtes pour nous présider, nous réconforter, Un golden boy président de la République ? Et pourquoi pas ? Après tout, il est comme tout le monde, il a une grand-mère. Il n’a pas vraiment de programme mais il a un projet, tout comme nous. Il n’y a que les prix de nos costumes qui diffèrent. Et alors ? Emmanuel avec nous

     

    Et de toute façon, il nous est imposé par une force supérieure, le Marché. Twitteur aguerri, vedette de la télé, quasi star mondiale, il fera allégeance à Erdogan, à Poutine, à Trump. Il sera d’accord avec tout le monde, sauf avec la France. Il nous apprendra à vivre avec de hauts salaires, à créer des entreprises aussi grosses qu’Alstom, à prendre l’avion dans des aéroports vendus aux Chinois, à jouir de lois aussi excitantes que la loi travail et peut être même apprendrons nous à être des gagnants en nous vendant au plus offrant.

    Emmanuel, c’est l’amour qu’il faut accueillir, Marine, c’est la haine qu’il faut repousser. Une bonne femme en plus. Il nous l’a dit et redit, soliste vagissant dans le chœur des médias : les Français sauront (me) choisir, les français ne sont pas des jambons. Ben non, le jambon ce n’est pas halal du tout, alors que le veau, oui, peut l’être.

    Nous n’aurons pas, Emmanuel soit loué, le choc de l’extrême droite, faction*** qui serait, nous dit-on, un danger pour le monde entier. Et peut être même pour le cosmos. Nous aurons seulement ceux du tafta/ceta, de la folle politique migratoire européenne, de la bestialité des marchés et lobbyistes, de l’esclavage salarial, de la criminalité grandissante, des islamistes et de leur machette. Bien moins dangereux que Marine.

    Attendons donc le soir du 7 mai, et regardons attentivement les drapeaux qui seront brandis sur l’Elyséenne avenue. Où on tue aussi, comme ça, parce qu’Emmanuel, conseiller de Hollande, lui-même sous fifre d’Obama et de n’importe qui, nous a entrainé dans une guerre que nous ne faisons pas. Suspens  ou game over ???

     

     

    Emmanuel avec nous



    * Cac : indice boursier français composé de 40 valeurs d'entreprises françaises. 

     ** petite surprise : ce nom est dans le dictionnaire de l’ordi et est corrigé orthographiquement ! Ouah 

    *** tout récemment renommé le bloc xénophobe. Les médias, voix de leurs maîtres, font vraiment la campagne à coup de sémantique.

     source image :  cnews matin

     

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  • Les graffiteurs le savent bien ? C’est évident, c’est toujours pareil. Au fil de la campagne, les candidats s’effritent les uns après les autres, et une fois l’élu au pouvoir, l’effritement devient général. Et donc, aussitôt posées les affiches des campagnes électorales, ces philosophes de rue, qu’on ne voit jamais, se dépêchent de réinterpréter, préciser, ou compléter, voire déguiser le message qu’elles transmettent, vaguement guidés par cette grande prostituée qu’est l’information, dans un langage généralement peu châtié mais vigoureusement explicite.

    A regarder en ville, pour rigoler, dans ce pays où la politique lasse le plus grand nombre et où on ajoute désormais un quatrième socle** à ce qui fut la république française et qui n’est plus que la grande et injurieuse confusion, et canard à trois pattes. Voici donc les décandidats en cours de métamorphose, jusqu’à la disparition. Et hop !

     

    La métamorphose des cloportes

     

    La métamorphose des cloportes

    La métamorphose des cloportes

    La métamorphose des cloportes

    La métamorphose des cloportes

    La métamorphose des cloportes

    La métamorphose des cloportes

    La métamorphose des cloportes

    La métamorphose des cloportes

    La métamorphose des cloportes

    La métamorphose des cloportes

     

    La métamorphose des cloportes

    * titre piqué au film La Métamorphose des cloportes réalisé par Pierre Granier-Deferre - 1965

     ** Salle municipale de Espondeilhan, Hérault.



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